Les employeurs davantage outillés pour embaucher et intégrer des immigrants

Des mesures aideront les travailleurs temporaires déjà au Québec — dans le milieu agricole, par exemple — ainsi que leurs conjoints, à bénéficier de services publics pour trouver du travail permanent dans la province.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des mesures aideront les travailleurs temporaires déjà au Québec — dans le milieu agricole, par exemple — ainsi que leurs conjoints, à bénéficier de services publics pour trouver du travail permanent dans la province.

Le ministre du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet, a annoncé lundi l’ajout et la bonification des mesures pour aider les entreprises privées à recruter et à favoriser l’intégration à l’emploi de personnes immigrantes. Une somme de 55 millions de dollars sera consacrée à différentes initiatives jusqu’en 2021.

Parmi les mesures annoncées, une subvention salariale accordée à un employeur qui embauche une personne immigrante. Elle pourra passer de 50 à 70 % du salaire brut, durant une période s’étalant jusqu’à 52 semaines.

Des employeurs qui se rendent à l’étranger pour recruter du personnel, dans une mission de recrutement ou non, pourront notamment se voir rembourser jusqu’à 50 % des frais de transport, d’hébergement et de repas à l’étranger, jusqu’à concurrence de 5000 $. Des résidences privées pour personnes âgées, qui éprouvent des difficultés à recruter des préposés aux bénéficiaires, pourraient également s’en prévaloir, mais pas celles du secteur public.

D’autres mesures aideront les travailleurs temporaires déjà au Québec — dans le milieu agricole, par exemple — ainsi que leurs conjoints, à bénéficier de services publics pour trouver du travail permanent dans la province. De plus, une somme pouvant atteindre 1000 $ sera offerte pour le déménagement au Québec d’un travailleur immigrant recruté par une entreprise.

Employeurs

Les mesures ont été fort bien accueillies par les représentants d’employeurs. « L’annonce va faciliter les démarches déployées par les entreprises et les encourager en réduisant notamment les frais associés à celles-ci », s’est félicité le président-directeur général de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Stéphane Forget.

55 millions
C’est la somme que consacrera Québec à différentes initiatives pour aider les entreprises à faire appel à des personnes immigrantes.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) s’est elle aussi réjouie des nouvelles mesures. « Le soutien annoncé par le gouvernement peut donc contribuer, dans certains cas, à faciliter la décision d’aller de l’avant avec l’embauche de travailleurs immigrants », a souligné Simon Gaudreault, directeur principal de la recherche nationale à la FCEI.

De son côté, Véronique Proulx, de Manufacturiers et exportateurs du Québec, indique que son organisme avait justement demandé au gouvernement d’aider les manufacturiers dans leurs efforts de recrutement à l’international « afin de diminuer les freins financiers relatifs à cette démarche ».

Travailleurs

Présente lors de l’annonce, la présidente de la Centrale des syndicats du Québec, Sonia Éthier, a noté qu’il faudrait aussi se doter d’une véritable politique d’éducation des adultes, si l’on veut contribuer à alléger la pénurie de main-d’oeuvre dans certains métiers.

« À la CSQ, on réclame, avec les autres centrales syndicales, l’augmentation du salaire minimum à 15 $. Ça, c’est une belle piste de solution pour trouver déjà des travailleurs chez nous », a-t-elle fait valoir.