Espoir de réouverture de l’église Saint-Jean-Baptiste à Québec

Dessiné par l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy, l’église Saint-Jean-Baptiste est considérée comme un des bâtiments les plus importants du genre au Québec.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Dessiné par l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy, l’église Saint-Jean-Baptiste est considérée comme un des bâtiments les plus importants du genre au Québec.

L’église Saint-Jean-Baptiste de Québec échappera-t-elle à sa mise en quarantaine forcée ?

Interdit au public depuis 2015, cet imposant monument à la valeur patrimoniale exceptionnelle a besoin d’importants travaux de réfection et de mise à niveau. Il pourra compter cette année sur 585 000 $ de la part de l’État pour la restauration de la maçonnerie, de la fenestration et du système de gicleurs pour les incendies.

Dessiné au XIXe siècle par l’architecte Joseph-Ferdinand Peachy, cette église est considérée comme un des bâtiments les plus importants du genre au Québec, tout en donnant, rue Saint-Jean, un repère visuel inégalé en point de mire des abords de la Vieille Capitale.

Le responsable du département des fabriques du diocèse, Rémi Gagnon, explique au Devoir qu’il s’agit « d’une bonne nouvelle ». Il y voit un pas dans la bonne direction pour une réouverture éventuelle au bénéfice des citoyens de Québec.

« Le budget total pour la restauration cette année est de 1,3 million. Ce qui inclut une aide de 650 434 $ de la part de la ville de Québec et d’une contribution de 65 000 $ du milieu. »

Est-ce que ce sera suffisant pour une réouverture prochainement ?

« Cela fait partie de nos objectifs. Il est certain que nous aimerions redonner l’accès à cette église. À terme, on souhaite qu’elle soit gérée par un nouvel organisme. On voudrait la vendre ou en confier la gestion à un organisme culturel ou à un groupe de citoyens qui auraient une initiative de solidarité compatible avec le bâtiment. C’est la même chose avec l’église Saint-Charles à Limoilou. »

La députée du comté, Catherine Dorion, a déjà plusieurs fois manifesté sa vive inquiétude au sujet de ce bâtiment, tout en tentant de susciter des projets pour sa reconversion.

« C’est une des églises pour lesquelles on veut mettre de l’énergie. C’est une église belle, majeure, importante. On veut aider les citoyens à proposer quelque chose pour son avenir qui puisse servir la communauté. »

75 églises

Ce sont 15 millions qui sont accordés cette année à 75 églises du Québec qui ont besoin de travaux pour assurer leur pérennité. Ce sont des bâtiments jugés exceptionnels. Il n’en demeure pas moins que plusieurs centaines de bâtiments religieux se trouvent désormais face à un avenir incertain.

Découvrez les églises qui seront restaurées avec le soutien financier de l'État:


La basilique Notre-Dame reçoit cette année un million de dollars de l’État, par l’entremise du Conseil du patrimoine religieux. Cette somme servira à réparer la maçonnerie. À Montréal, il y a de fortes chances pour qu’un touriste vienne voir l’église Notre-Dame, un des principaux points où convergent les regards dans le Vieux-Montréal.

Ce bâtiment néogothique dont la voûte intérieure est habillée de dorures peut accueillir 10 000 personnes. Il a remplacé en 1829 une sobre église romane utilisée par les Sulpiciens.
 

Parmi les autres bâtiments religieux que l’État soutient par égard à leur importance culturelle, historique et architecturale, on trouve la Cathédrale Christ Church à Montréal, une des plus photographiées de la ville en raison des jeux de miroir produits par les fenêtres des gratte-ciel à proximité. Ce sont 800 000 $ qui sont prévus pour la restauration de son clocher.

L’église de La-Purification-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie, située à Repentigny, obtient de son côté 700 000 $ pour la réfection de sa toiture. Classée comme bien patrimonial, érigée à compter de 1723, cette église de pierre date du régime français. Elle est une des plus anciennes du Québec. La municipalité dont elle fut le coeur célébrera le 350e anniversaire de sa fondation en 2020.

À Québec, la cathédrale Holy Trinity se voit accorder 543 559 $ pour la restauration du mur d’enceinte et de renforcement de la structure de la tribune.

Le gouvernement britannique avait financé la construction de cette cathédrale dans sa colonie entre 1800 et 1804. Le monastère des Récollets qui se trouvait là auparavant avait été ravagé par le feu. Une fois qu’il a été rasé, les autorités décidèrent d’y construire, à l’intérieur des fortifications de Québec, le siège du diocèse anglican.

La basilique Sainte-Anne-de-Beaupré pourra pour sa part restaurer sa toiture en bénéficiant d’un soutien du Conseil du patrimoine religieux de 655 263 $. Près d’un million de visiteurs se rendent chaque année dans ce sanctuaire.

En tout, ce programme visant la protection, la valorisation et la transmission du patrimoine religieux va consacrer 15 millions de dollars, au cours de l’année 2019-2020, à 75 projets différents situés aux quatre coins du Québec. Le gouvernement Legault a annoncé, le 4 août, qu’il portera à 20 millions de dollars l’aide à la restauration du patrimoine religieux et à la reconversion de certaines églises.

Dans la ventilation du budget actuel, les sommes allouées à différentes églises concernent pour l’essentiel des cas de travaux de toitures, de maçonneries et de clochers.

De la somme globale, un peu plus de 430 000 $ seulement seront utilisés pour restaurer du mobilier et des oeuvres d’art religieuses de même que des orgues Casavant.