Le ministère de l'Agriculture réintègre Louis Robert

Le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne

Louis Robert réintégrera son poste au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Joint par Le Devoir en fin de soirée mardi, l’agronome a confirmé la nouvelle sans vouloir faire davantage de commentaires.

Une source gouvernementale a toutefois indiqué qu’il recommencera à travailler le 6 août au bureau de Saint-Hyacinthe, comme il l’avait demandé. Une entente confidentielle pour recouvrer le salaire perdu depuis son congédiement a été conclue avec le gouvernement.

M. Robert avait été congédié en janvier après 32 ans de service pour avoir transmis un document confidentiel à des journalistes et avoir contrevenu à ses obligations de discrétion. Il avait dénoncé ce qu’il considère comme de l’ingérence des compagnies du secteur privé dans la recherche publique sur l’utilisation des pesticides.

Le premier ministre, François Legault, avait promis que l’agronome réintégrerait ses anciennes fonctions dans la foulée d’un rapport accablant de la Protectrice du citoyen.

Celle-ci avait conclu que le MAPAQ avait commis une violation de confidentialité majeure en dévoilant à plusieurs reprises l’identité de l’agronome, allant même jusqu’à fournir le nom de M. Robert au ministère chargé d’enquêter sur une fuite dans les médias.

En mars 2018, en s’appuyant notamment sur la note interne du MAPAQ transmise par M. Robert, Le Devoir et Radio-Canada révélaient que des problèmes d’ingérence entachaient le Centre de recherche sur les grains, financé majoritairement par des sources publiques.

La composition du conseil d’administration était critiquée dans le document interne : une majorité de sièges étaient détenus par des organisations « qui ont des intérêts, déclarés publiquement, divergents de l’intérêt public ».

En outre, plusieurs chercheurs avaient indiqué subir des pressions les poussant à taire les résultats de leurs travaux sur les pesticides néonicotinoïdes.

Dès le congédiement de Louis Robert, le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) avait vigoureusement appuyé son membre dans sa tentative de récupérer son poste.

Début mars, le SPGQ avait déposé un grief pour son membre contre le ministre de l’Agriculture lui-même, André Lamontagne, à qui on reprochait d’avoir dissimulé les réelles raisons du limogeage.

Avec Alexis Riopel

10 commentaires
  • Daniel Bérubé - Inscrit 30 juillet 2019 23 h 42

    Félicitation Mr. Robert.

    L'inacceptabilité d'une situation, les injustices et passe-droits qu'elle représentait vous ont incité a passer à l'action, à ne pas fermer les yeux sur la chose, ou baisser les bras face à l'aveuglement volontaire à l'intérieur même du regroupement. Votre professionnalisme vous dictant la meilleure chose à faire et votre courage a relever le défi de révéler publiquement malgré sont interdiction, des choses catégoriquement innacceptables et tolérés au sein même de l'organisme faisant en sorte que les points faibles furent reconnus et souhaitons-le, courrigé. Il est plus que dommage que vous n'ayiez pas obtenue la direction de l'ordre des agrenomes, mais... c'est peut-être un peu normal si nous considérons le pourcentage éventuel étant sous grande influence de leur deuxième emploiyeur, c.à.d. les compagnies pour lesquels ils vendent certains produits.

    Félicitation encore une fois, et bonne fin de carrière dans un domaine dans lequel vous avez sûrement aimé travailler, pour y avoir ainsi mis temps et efforts pour sa... purification et son perfectionnement...

    • Nadia Alexan - Abonnée 31 juillet 2019 10 h 07

      Félicitations à monsieur Louis Robert pour avoir gagné une bataille de David contre Goliath. Vous avez eu le courage de vous ranger du côté de la justice et du bien commun, même au dépend de votre propre carrière. Bravo!
      L'ingérence de toutes les entreprises privées dans les affaires de l'État est inacceptable, malgré qu'il est très courant. Souvent, le bienêtre des compagnies passe avant la santé des citoyens. Il faudrait arrêter cette pratique délétère des lobbyistes de mettre en avant les profits des compagnies avant le bienêtre des citoyens. Nous avons besoin de beaucoup de fonctionnaires avec une conscience vive, telles que monsieur Louis Robert.

  • Yvon Pesant - Abonné 31 juillet 2019 05 h 50

    Avec espoir

    Avec espoir que cette histoire, parmi bien d'autres, fera en sorte de mieux permettre le respect et la protection des lanceurs d'alerte qui, quant à elles et eux, ont à coeur le respect et la protection des personnes et de la société en général contre les profiteurs et les abuseurs de tous ordres qui ne songent qu'à leurs propres intérêts financiers ou autres. Et ça, dans quelque domaine d'activités que cela puisse être.

    Bon retour au travail, monsieur Robert; Louis, pour les intimes.

  • Anne Sarrasin - Abonnée 31 juillet 2019 06 h 58

    Bravo!

    Bravo Monsieur Robert!

    Bravo pour avoir eu le courage de dénoncer pour le bien de toute la population. Bravo pour ne pas avoir baissé les bras. Bravo pour l'immense courage dont vous avez fait preuve.

    Le retour au travail ne sera pas nécessairement facile mais vous reviendrez la tête haute. Vous pouvez être très fier de ce que vous avez accompli.

  • Jean-Pierre Lamontagne - Abonné 31 juillet 2019 08 h 01

    L'importance de l'éthique en recherche scientifique.

    Je félicite monsieur Roberge pour son courage et sa résilience dans ce dossier. Toute cette histoire montre bien qu'il faut être pourvu d'une grande force de caractère pour devenir lanceur d'alerte. Il faut de plus être un homme habité par des principes de qualité. Toutes mes félicitations encore à monsieur Roberge.

    Toutefois, il subsiste une question fondamentale qui, à ma connaissance, n'a pas été traitée dans les médias : les recherches faites dans ce ministère avec des deniers publics ne devraient-elles pas être tout à fait indépendantes des intérêts financiers potentiellement affectés par les résultats? Il me semble que c'est une position éthique fondamentale pour accorder du crédit à de telles recherches. Il en va de la confiance du public. C'est une condition obligatoire pour accorder de la crédibilité de telles recherches.

    Je pense que le scientifique en chef du Québec monsieur Rémi Quirion, gardien de la qualité de la recherche scientifique au Québec, doit examiner ce dossier attentivement et prendre les mesures assurant la qualité de la recherche faite au MAPAQ. De plus, on peut penser que le regard posé par son organisation fera ressortir la nécessité d'établir des balises indépendantes politiquement et économiquement. Ces balises doivent soumettre toute la recherche scientifique effectuée par les ministères aux règles éthiques reconnues garantissant, d'une part, l'indépendance des résultats et, d'autre part, la validité scientifique des processus de recherche.

    Merci de votre attention.

    Jean-Pierre Lamontagne
    Retraité

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 31 juillet 2019 08 h 17

    Au nom de tous les animaux affectés par les pesticides dont les néonicotinoïdes

    Merci!!!

    En espérant que M. Robert ne soit pas tabletté ou marginalisé.

    On se prend à rêver qu'avec sa sagesse et son expérience de fin de carrière, celui-ci pourrait plutôt coordonner les actions à prendre pour «écologiser» notre agriculture.