Des centaines de produits alimentaires chinois interceptés aux douanes

Parmi les 889 aliments importés ou ingrédients alimentaires en provenance de Chine pour lesquels des «problèmes ont été détectés», on trouve notamment du chow mein instantané contenant un insecte.
Photo: iStock Parmi les 889 aliments importés ou ingrédients alimentaires en provenance de Chine pour lesquels des «problèmes ont été détectés», on trouve notamment du chow mein instantané contenant un insecte.

Des agents de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) ont intercepté près de 900 produits alimentaires en provenance de Chine en raison de soupçons concernant des étiquettes défectueuses, des allergènes non indiqués et des contaminants dangereux comme du verre et du métal.

Entre le 1er janvier 2017 et le 28 février 2019, des inspecteurs ont « détecté des problèmes » avec 889 aliments importés ou ingrédients alimentaires en provenance de Chine, d’après le document obtenu par La Presse canadienne grâce à la Loi sur l’accès à l’information.

On trouve notamment dans cette liste des boules de gomme contenant un corps métallique « étranger », du chow mein instantané contenant un insecte et des tentacules de poulpes épicés présentant un « danger non précisé ».

Or, selon les rapports trimestriels de l’ACIA, seulement quatre expéditions de produits alimentaires en provenance de Chine se sont vu refuser l’entrée au Canada.

Une porte-parole de l’agence a expliqué que l’ACIA enquêtait sur les préoccupations soulevées par ses agents afin de déterminer si les produits représentent un danger ou s’ils ne respectent pas les normes canadiennes. Au besoin, l’agence peut exiger des corrections mineures sur les étiquettes, ordonner des rappels, saisir des produits, refuser les importations ou annuler des permis d’importation.

La ministre de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, a déclaré de son côté que les problèmes énumérés dans la liste de l’ACIA n’étaient pas nécessairement liés à un enjeu particulier concernant les produits alimentaires importés de pays étrangers. Elle soutient que le système canadien est reconnu comme l’un des meilleurs au monde et que le gouvernement est convaincu que tous les produits approuvés sont sans danger pour la consommation.

La liste ne fournit que des chiffres pour la Chine et n’inclut pas de données comparables pour les autres partenaires commerciaux du Canada.

L’inspection des aliments qui traversent la frontière a fait couler beaucoup d’encre, notamment dans le cas des produits échangés entre le Canada et la Chine.

L’examen minutieux des produits agricoles se trouve au coeur d’un différend diplomatique entre le Canada et la Chine. Les frictions bilatérales ont gagné en intensité depuis l’arrestation en décembre, à Vancouver, d’une dirigeante du géant chinois des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou. Deux Canadiens ont ensuite été arrêtés en Chine pour des allégations d’espionnage.

L’opposition conservatrice à Ottawa presse le gouvernement libéral de réagir aux actions de la Chine en adoptant une ligne plus dure envers les importations chinoises.

Au cours des dernières semaines, Pékin a demandé au Canada de suspendre tous ses certificats d’exportation de viande vers la Chine après que des inspecteurs eurent détecté la présence de résidus d’un additif dans le porc appelé ractopamine, une substance destinée à l’alimentation animale.