Twitter s’attaque aux propos haineux liés à la religion

Twitter a récemment annoncé des mesures contre les messages de responsables politiques incitant à la violence ou à la haine.
Photo: Justin Sullivan / Getty Images / AFP Twitter a récemment annoncé des mesures contre les messages de responsables politiques incitant à la violence ou à la haine.

Twitter filtre depuis mardi les propos haineux liés à la religion publiés sur sa plateforme, tentant ainsi d’élargir sa lutte contre les messages malveillants publiés sur le réseau social.

Dans un document publié sur le blogue de l’entreprise, Twitter a indiqué qu’il allait faire disparaître les tweets qui « déshumanisent les personnes sur la base de leur religion », lorsque ces messages lui auront été signalés.

Le groupe précise que les micromessages publiés avant mardi et signalés seront également supprimés, mais ne seront pas assortis d’une suspension de compte, ayant été publiés avant le durcissement de ces règles.

Twitter ne précise en revanche pas dans son entrée de blogue si les tweets publiés après le durcissement des règles seront, eux, accompagnés d’une suspension du compte à l’origine du message incriminé.

Pour illustrer sa décision, le réseau social prend des exemples de propos qu’il estime déshumanisants à l’encontre d’une religion, tels que « dégoûtant » ou « animaux crasseux ».

Twitter est engagé dans un mouvement plus large de lutte contre les propos haineux sur sa plateforme. Le groupe dirigé par Jack Dorsey a récemment annoncé des mesures contre les messages de responsables politiques incitant à la violence ou à la haine.

Le réseau social a par ailleurs des règles claires en ce qui concerne tous les messages appelant spécifiquement à la violence contre un individu ou une communauté, glorifiant le terrorisme ou harcelant une personne en particulier.

Twitter est, comme Facebook et d’autres réseaux sociaux, régulièrement accusé de ne pas en faire assez pour lutter contre les discours de haine. Le groupe tente, difficilement, de concilier cet objectif avec la préservation du caractère ouvert des plateformes de ce type.

Le président américain, Donald Trump, très critique envers Twitter et Facebook, qu’il accuse souvent de pencher à gauche, doit tenir jeudi un « sommet sur les réseaux sociaux » à la Maison-Blanche, sans les principaux intéressés, mais avec les conservateurs les plus critiques de la Silicon Valley.

Inquiétudes au Danemark

Par ailleurs, un autre enjeu a émergé mercredi au Danemark autour des réseaux sociaux : le pays scandinave envisage en effet d’instaurer un code pour encadrer les contenus publiés par les influenceurs sur les réseaux sociaux, après la publication d’une lettre de suicide par une blogueuse sur Instagram.

« Nous pouvons commencer par instaurer une sorte de code de pratique et de responsabilité éditoriale que les influenceurs doivent respecter […] à la fois pour le bien des influenceurs et de leurs abonnés », a écrit la ministre de l’Enfance et de l’Éducation dans un courriel à l’AFP, sans préciser la date d’adoption éventuelle d’une telle mesure.

Samedi, Fie Laursen, star de la téléréalité dont le quotidien est suivi par plus de 337 000 personnes sur Instagram, a publié sur la plateforme quatre photos constituant une lettre d’adieu avant d’essayer de mettre fin à ses jours. Elle est depuis hospitalisée, mais sa publication est restée en ligne plusieurs jours.

« Il est assez probable que les abonnés soient touchés par les contenus. C’est une énorme responsabilité », a constaté la ministre, estimant que la portée des messages de certains influenceurs pouvait excéder ceux des médias traditionnels.