La famille Duceppe réclame 1,1 million pour la mort de sa mère

La famille de l’ex-politicien Gilles Duceppe met en demeure la résidence pour aînés, estimant que «Madame Rowley est décédée d’hypothermie dans des conditions atroces et inhumaines».
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne La famille de l’ex-politicien Gilles Duceppe met en demeure la résidence pour aînés, estimant que «Madame Rowley est décédée d’hypothermie dans des conditions atroces et inhumaines».

L’ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, ainsi que ses frères et soeurs, ont mis mercredi la résidence pour personnes âgées Lux Gouverneur Montréal en demeure. Ils réclament plus d’un million de dollars. Cette réclamation survient à la suite de la mort de leur mère, Hélène Rowley Hotte, en janvier dernier.

La famille réclame 1 140 000 $ en indemnisation et dommages punitifs. De ce montant, 50 000 $ sont exigés pour « les souffrances que [Mme Rowley] a subies » avant son décès. S’ajoutent un montant de 10 000 $ à titre d’indemnisation, pour chacun des sept enfants de la défunte, et un million de dollars en dommages punitifs à la succession de Mme Rowley. Finalement, la famille demande le remboursement des frais des funérailles, soit 20 000 $.

La famille réclame également que la résidence pour personnes âgées s’engage publiquement à adopter toutes les recommandations figurant dans le rapport du coroner, rendu public le 4 juin dernier.

« Le 20 janvier dernier, Mme Rowley est décédée d’hypothermie dans des conditions atroces et inhumaines. Nos clients sont encore sous le choc de la perte de leur mère dans de pareilles circonstances », peut-on lire dans la mise en demeure envoyée par Me Marc-Antoine Cloutier, du cabinet d’avocats Trivium, qui qualifie les derniers moments de vie de la mère de Gilles Duceppe d’« ignobles ».

« De toute évidence, Mme Rowley voulait encore vivre jusqu’à la toute fin », souligne-t-on.

Une mort évitable

En s’appuyant sur le rapport de la coroner, Me Cloutier ajoute également que la mort de Mme Rowley aurait pu être évitée si Lux Gouverneur Montréal n’avait pas fait preuve « d’irresponsabilité, de négligence, d’incurie et d’insouciance ».

« Bien que le décès de Mme Rowley puisse être caractérisé comme “accidentel”, ce dernier aurait pu être évité si vous aviez agi et pris les décisions appropriées », poursuit-il dans le document, qui fait état d’une situation « gravement négligente, voire d’une lourde faute ».

L’avocat soutient également que Mme Rowley serait toujours en vie si les employés de la résidence pour personnes âgées avaient fait certaines démarches.

Celles-ci incluent la vérification du bon fonctionnement du détecteur de mouvements dans le logement de la défunte, des images provenant des caméras de surveillance et l’installation de sonnettes et d’interphones aux portes des sorties d’urgence.

Mme Rowley Hotte avait quitté son logement de la résidence pour personnes âgées à la suite du déclenchement d’une alarme d’incendie, dans la nuit du 19 au 20 janvier dernier. Âgée de 93 ans, elle avait finalement été retrouvée sans vie, après avoir passé plusieurs heures à l’extérieur durant une tempête.

Le rapport de la coroner avait établi qu’elle avait succombé à de l’hypothermie et non à un malaise.

Joint par téléphone, Gilles Duceppe a déclaré que lui et sa famille avaient décidé de n’accorder aucune entrevue. Contacté par Le Devoir, un porte-parole de Lux Gouverneur Montréal a fait savoir que l’entreprise ne ferait aucun commentaire, en raison des procédures légales en cours.