Il n’y a pas de crise du logement, selon la ministre de l’Habitation

La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, réitère qu’il n’y a pas de crise et que des actions immédiates ne sont pas nécessaires.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, réitère qu’il n’y a pas de crise et que des actions immédiates ne sont pas nécessaires.

Alors que des groupes sonnent l’alarme sur le manque de logements abordables en vue du 1er juillet, la ministre de l’Habitation Andrée Laforest réitère qu’il n’y a pas de crise mais réactive des programmes d’urgence.

« On n’est pas du tout en crise, on est en rareté pour Montréal », a déclaré Mme Laforest à l’entrée du Conseil des ministres. Elle a ajouté que son gouvernement allait « faire des annonces », mais dans « quelques jours ».

Or le Conseil des ministres a finalement réactivé des mesures d’urgence plus tard en journée pour offrir notamment des suppléments au loyer supplémentaires via les Offices municipaux d’habitation. 

En matinée, le député montréalais de Québec solidaire (QS) Andrés Fontecilla l’avait pressée d’élaborer « un plan d’urgence » pour faire face au manque de logements dans certains secteurs.

« Il y a des gens plus vulnérables qui risquent même l’itinérance », a fait valoir le député lors d’un point de presse en compagnie de deux femmes qui sont incapables de trouver un appartement. L’une des deux, une étudiante, a affirmé en chercher un activement depuis pas moins d’un an et demi.

À Montréal, seulement 1,9 % des logements sont disponibles selon les données les plus récentes de la SCHL (2018), ce qui est bien en deçà du taux d’équilibre de 3 %.

 
1,9%
C’est le taux d’inoccupation des logements à Montréal, selon les chiffres de la Société canadienne d’hypothèque et de logement.

Or c’est encore pire dans certaines villes de région comme à Rouyn-Noranda et à Gatineau, qui affichent toutes deux des taux de 1,2 %.

Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), qui milite pour l’ajout de logements sociaux, évalue que 200 ménages n’ont pas encore trouvé de logement pour l’échéance du 1er juillet, dont 106 à Montréal, 46 à Gatineau, 18 à Québec, 16 à Sherbrooke, 11 à Drummondville ainsi qu’une douzaine à Laval et une vingtaine en Montérégie.

Un phénomène récent

QS et le FRAPRU reprochent au gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) de ne pas avoir financé de nouveaux projets en logement social depuis son élection. Dans le budget Girard, la CAQ a réservé 250 millions sur sept ans au logement social, mais pour assurer le financement de projets déjà prévus. Cette année, 13,5 millions y seront dévolus.

Par ailleurs, une étude rendue publique jeudi montre que le manque de logements découle d’une détérioration récente du marché. Ainsi, après plusieurs années d’équilibre (de 2013 à 2017), le taux moyen pour le Québec a baissé tout d’un coup à 2,3 % en 2018, révèlent des données de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS). Aux yeux de son auteur Philippe Hurteau, la situation « ressemble à celle des années 2000 ». À son plus bas en 2002 lors de la crise du logement, le taux d’inoccupation pour tout le Québec s’était approché du 1 %.