Intoxication au monoxyde de carbone: des profs au repos, mais l’état de santé des élèves est inconnu

Le 14 janvier, des enfants et des membres du personnel ont été intoxiqués au monoxyde de carbone à l'école primaire des Découvreurs, à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le 14 janvier, des enfants et des membres du personnel ont été intoxiqués au monoxyde de carbone à l'école primaire des Découvreurs, à Montréal.

L’intoxication au monoxyde de carbone dans une école de Montréal, en janvier dernier, a provoqué une onde de choc parmi les élèves et le personnel de l’établissement. Pas moins de 24 enfants ont subi des symptômes « tardifs et persistants » associés à l’exposition à ce gaz hautement toxique, et cinq enseignants sont toujours en congé d’invalidité à cause de maux de tête, de fatigue, de troubles visuels ou auditifs ou même d’un choc post-traumatique.

La Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP) a prévenu plusieurs fois les commissions scolaires de lacunes dans la détection du monoxyde de carbone dans les écoles, mais celles-ci ont attendu une directive du ministre de l’Éducation (publiée après l’intoxication) pour installer des détecteurs. À peine 10 % des écoles de Montréal munies d’un système de chauffage au gaz avaient un détecteur de monoxyde de carbone, selon un sondage mené en 2017 par la DRSP.

La santé publique recommande que les systèmes de détection soient reliés à une centrale de surveillance pour s’assurer que les fuites de gaz soient repérées rapidement par le personnel des écoles. Au moins deux commissions scolaires — Marguerite-Bourgeoys et la Commission scolaire de Montréal — indiquent avoir muni toutes leurs écoles de détecteurs de monoxyde de carbone, dont certains sont reliés à une centrale.

« Il est important que le détecteur de monoxyde de carbone soit monitoré en tout temps. Il faut intervenir rapidement après une fuite », a dit le Dr Maxime Roy, médecin-conseil de la DRSP, coauteur d’un rapport dévoilé mardi au sujet des effets de l’intoxication sur les élèves de l’école primaire des Découvreurs, dans l’arrondissement de LaSalle.

Cet incident plutôt rare dans une école est survenu le 14 janvier 2019. Un mauvais fonctionnement du système de chauffage au gaz naturel a libéré dans l’air des quantités de monoxyde de carbone cinq fois supérieures à la norme nécessitant une évacuation.

Au moment de l’intoxication, 35 élèves ont dû être transportés en ambulance à l’hôpital. Une semaine après l’incident, 124 élèves sur 193 dont les parents ont répondu à un questionnaire de la DRSP ont rapporté des symptômes d’inconfort. Six semaines plus tard, le 28 février, 24 enfants souffraient toujours de symptômes tardifs et persistants, selon la DRSP.

Ces 24 élèves ont été dirigés à l’hôpital Sainte-Justine pour recevoir des soins en neurologie, en audiologie, en médecine générale et dans d’autres spécialités, a expliqué le Dr Maxime Roy. Il faut ajouter à cela 18 enfants ayant subi des troubles anxieux, comme du stress, des douleurs abdominales, des pleurs, des maux de tête et de la fatigue.

Les responsables de la santé publique ne pouvaient préciser mardi l’état de santé des 24 élèves ayant reçu des soins à l’hôpital Sainte-Justine. Ils sont suivis de façon privée, sans supervision de la DRSP. La Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, responsable de l’école où est survenue l’intoxication, n’a pas répondu aux questions du Devoir au sujet de l’état de santé des élèves — et des conséquences sur leur réussite scolaire.

Les enfants ont fait l’objet d’un suivi médical rapide, ce qui contribue généralement à une guérison totale, selon le Dr Roy. Il ne peut exclure non plus qu’ils souffrent de séquelles. « Ce n’est pas impossible […], mais la grande majorité des cas vont récupérer », a-t-il dit lors d’un point de presse mardi.

Moments difficiles

Chose certaine, cette intoxication au monoxyde de carbone a été « traumatisante » pour le personnel de l’école, selon le Syndicat de l’enseignement de l’Ouest de Montréal (SEOM). Un rapport de la DRSP sur les effets de l’intoxication pour les membres du personnel est attendu dans les prochains jours.

« Ce n’est pas banal ce qui est arrivé. On a eu des chocs post-traumatiques parmi les enseignants. Certains ont pris soin d’enfants qui s’évanouissaient dans leurs bras », dit Mélanie Hubert, présidente du SEOM.

Une douzaine d’enseignants ont été incommodés au monoxyde de carbone, selon elle. Cinq d’entre eux sont toujours en congé d’invalidité pour des symptômes physiques et psychologiques similaires à ceux des élèves. Compte tenu des effets de cet événement sur les professeurs, elle s’inquiète pour l’état de santé des élèves, notamment en vue de la prochaine rentrée scolaire.

Plus d’un mois après l’intoxication au monoxyde de carbone dans l’école primaire des Découvreurs de Montréal, l’hiver dernier, 24 enfants présentaient des symptômes tardifs ou persistants associés à l’exposition à ce gaz hautement toxique. Ces symptômes incluaient des acouphènes, une diminution de l’audition, des céphalées, des troubles visuels et de la fatigue, indique un rapport de la Direction de santé publique de Montréal rendu public mardi.

À la suite de cet incident survenu le 14 janvier, la DSP recommande que toutes les écoles soient munies d’un détecteur de monoxyde de carbone relié à une centrale, donc « monitoré » en tout temps. Un sondage réalisé par la DSP en 2017 révélait que plusieurs écoles de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys n’avaient pas de détecteur fonctionnel. Des détecteurs ont depuis été installés dans toutes les écoles, sauf exception, à la demande du ministère de l’Éducation.

Les enfants ayant eu des symptômes tardifs ou persistants sont suivis à l’hôpital Sainte-Justine en neurologie, en audiologie, en médecine générale et dans d’autres spécialités, a expliqué le monitorMaxime Roy, médecin-conseil à la DSP et coauteur du rapport. Il faut ajouter à cela 18 enfants ayant subi des troubles anxieux comme du stress, des douleurs abdominales, des pleurs, des maux de tête et de la fatigue.

La DSP ne peut préciser l’état de santé actuel des enfants incommodés, mais ne peut exclure non plus qu’ils souffrent de séquelles permanentes. « Ce n’est pas impossible […], mais la grande majorité des cas vont récupérer », a dit le Dr Roy lors d’un point de presse mardi après-midi. Les élèves ont fait l’objet d’un suivi médical rapide, ce qui contribue généralement à une guérison totale, a-t-il expliqué.

Au moment de l’intoxication, 35 élèves ont dû être transportés à l’hôpital en ambulance. Une semaine après l’incident, 124 élèves sur 193 ayant répondu à un questionnaire de la DSP ont rapporté des symptômes d’inconfort. Six semaines plus tard, le 28 février, 24 enfants souffraient toujours de symptômes tardifs et persistants, selon la DSP.