Record de cas d’infection au virus du Nil au Québec en 2018

Il existe 80 espèces différentes de moustiques au Canada et elles sont toutes en croissance, selon le rapport.
Photo: Dave Chidley La Presse canadienne Il existe 80 espèces différentes de moustiques au Canada et elles sont toutes en croissance, selon le rapport.

Au Québec, 2018 a été une année record pour les cas de virus du Nil occidental, révèlent de récentes données du ministère de la Santé. Quant à savoir ce qui attend les Québécois cette année, cela reste à voir…

201 personnes ont été infectées par le virus après avoir été piquées par un moustique, selon ce qui a été rapporté par les médecins l’an dernier : il s’agit d’un sommet depuis que les données sont comptabilisées, en 2002. L’année 2018 fut également mortelle puisqu’on a recensé 15 décès. Tous les cas déclarés en 2018 ont été acquis au Québec, sauf un.

Nous ne sommes pas encore capables de prédire quels dégâts les moustiques feront au cours d’une année donnée, a expliqué une conseillère scientifique de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ), Julie Ducrocq, spécialisée dans les dossiers de maladies transmises par les moustiques.

Par exemple, le second plus important pic avait été enregistré en 2012, avec 134 cas. Mais l’année suivante, la chute fut marquante puisqu’on avait décompté seulement une trentaine de personnes infectées. Le record de 2018 ne semble donc pas aider à prédire la situation qui aura cours à l’été 2019.

Pour ces deux années record, la région où le plus grand nombre de personnes ont été infectées par le virus transmis par les moustiques est la Montérégie, suivie de l’île de Montréal.

Ces cas sont systématiquement rapportés par les médecins traitants car la loi les y oblige.

Au Québec comme ailleurs au Canada, l’incidence du virus du Nil occidental est fluctuante et difficile à prévoir d’une année à l’autre, indique de son côté le ministère québécois de la Santé.

« On aimerait bien connaître les causes de la hausse de 2018 », a d’ailleurs fait remarquer Mme Ducrocq en entrevue.

Si on considère que la maladie de Lyme, causée par la piqûre de tiques infectées, montrait aussi une tendance à la hausse, « on est pas mal sûrs que les changements climatiques sont un facteur qui influence », ajoute-t-elle.

Les cas déclarés ne représentent qu’une partie du nombre réel de personnes infectées par le virus du Nil puisque selon la littérature scientifique, seulement 20 pour cent présentent des symptômes. Les autres n’en ont pas, ou peu — parfois de légers symptômes grippaux qui font que les gens ne consultent même pas un médecin, et dont le système immunitaire combat lui-même l’infection, souligne la conseillère scientifique.

Mais pour les autres, les conséquences peuvent être sévères : parmi les 201 cas rapportés l’an dernier, 148 ont eu une atteinte neurologique, comme une méningite (infection des enveloppes du cerveau) ou une encéphalite (inflammation du cerveau).

Comme l’INSPQ ne peut prédire l’activité des moustiques infectés cette année, l’Institut recommande aux gens de ne pas prendre de risque et de se protéger contre les piqûres. Il leur est recommandé de se servir du chasse-moustiques, de porter des vêtements longs et clairs, surtout au lever et à la tombée du jour, lorsque ces insectes sont plus actifs. Les gens sont incités à bien entretenir leurs moustiquaires et à se débarrasser des eaux dormantes dans leurs cours, comme celle qui stagne dans les pots de fleurs et les bains d’oiseaux, là où les moustiques aiment bien se reproduire.

Au Québec, le virus a été identifié pour la première fois en 2002. Il est maintenant présent dans plusieurs régions, en particulier dans celles du sud de la province. Pour la première fois depuis le début de la surveillance des cas humains, le Saguenay Lac-Saint-Jean fait partie des lieux probables de piqûres.

Ces données ont été compilées par la Direction de la vigie sanitaire de la Direction de la protection de la santé publique du ministère de la Santé du Québec, en collaboration notamment avec l’INSPQ.