Un frère des Écoles chrétiennes est visé pour des agressions sexuelles présumées

Une demande d’action collective visant un religieux et son ordre, les Frères des Écoles chrétiennes, a été déposée jeudi en Cour supérieure, réclamant 600 000$ en dommages pour chacune des victimes du «frère Patrice», décédé le 18 mai dernier.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Une demande d’action collective visant un religieux et son ordre, les Frères des Écoles chrétiennes, a été déposée jeudi en Cour supérieure, réclamant 600 000$ en dommages pour chacune des victimes du «frère Patrice», décédé le 18 mai dernier.

Une autre congrégation religieuse se retrouve devant la justice pour des agressions sexuelles présumément commises par l’un de ses membres il y a près de 60 ans.

Une demande d’action collective visant un religieux et son ordre, les Frères des Écoles chrétiennes, a été déposée jeudi en Cour supérieure, réclamant 600 000 $ en dommages pour chacune des victimes du frère Onil Mailhot, dit « frère Patrice », qui est décédé le 18 mai dernier.

Selon la requête, le demandeur identifié par les initiales A.B. et aujourd’hui âgé de 66 ans, a été agressé sexuellement par le frère Patrice, entre l’âge de 7 et 8 ans, alors qu’il fréquentait l’École Dominique-Savio, à Forestville, où le religieux était préposé, de 1960 à 1961.

Ces agressions « prenaient généralement la forme d’attouchements et de masturbations » d’après la description contenue dans la requête, se déroulaient « généralement au sous-sol de l’école, dans une salle d’entreposage » et « se sont produites à de nombreuses occasions ».

Invoquant une série de conséquences de ces agressions présumées — anxiété, culpabilité, humiliation, baisse d’estime de soi, dysfonction sexuelle, consommation abusive d’alcool et de drogue, idées suicidaires, notamment — le demandeur réclame 300 000 $ à titre de dommages-intérêts non pécuniaires, 150 000 $ pour pertes pécuniaires et 150 000 $ de dommages punitifs, pour un total de 600 000 $. La requête fait valoir que les Frères des Écoles chrétiennes étaient responsables du contrôle, de la direction et de la surveillance de leurs préposés et de leurs membres.

Elle soutient que les préposés ou membres de la congrégation visés « ont utilisé leur position d’autorité religieuse afin de développer des liens avec les membres du groupe, dont le demandeur, et faussement gagner leur confiance ». Elle reproche également à l’organisme religieux, entre autres, d’avoir « omis d’instaurer des politiques et mesures de sécurité ou de surveillance pour que ses membres ne commettent pas d’agressions sexuelles » et d’avoir « préféré la culture du silence » plutôt que de respecter leur propre droit interne.