66 organismes de bienfaisance enregistrés au nom de l’archidiocèse de Montréal

Photo: Olivier Zuida Le Devoir La cathédrale Marie-Reine-du-Monde, au centre-ville de Montréal, déclare des revenus d'environ 2 millions de dollars par année.

Le registre de l’Agence du revenu du Canada (ARC) compte 66 organismes de bienfaisance enregistrés au nom de l’archidiocèse de Montréal, exemptés d’impôt et autorisés à recevoir des dons en échange de déductions fiscales. Il s’agit des fabriques de paroisses inscrites depuis 1967, déclarant chacune maintenant, bon an mal an, des revenus allant de quelques centaines de milliers de dollars à environ 2 millions dans le cas de la monumentale cathédrale Marie-Reine-du-Monde au centre-ville.

La Corporation archiépiscopale catholique romaine de Montréal (CACRM), la société mère quoi, affiche officiellement 10 194 436 $ de revenus en 2018, pour des dépenses supérieures à 660 000 $. L’organisme totalise 119 employés à temps plein et 50 autres à temps partiel qui grugent plus de la moitié des dépenses. Les comptes de l’année comptables en cours, toujours vérifiés par une firme externe, seront envoyés à l’ARC le 30 juin.

Les paroisses fournissent une partie des entrées d’argent de l’archidiocèse en lui versant 9 % de leurs propres revenus. Les dons en échange de reçus pour déductions fiscales totalisaient 260 000 $ en 2018, et 297 000 $ en 2017.

Des placements génèrent des dividendes fluctuants : 693 000 $ en 2017, 480 000 $ en 2018. Des terrains autour du Centre Bell appartenant à l’archidiocèse catholique rapportent 1,1 million en loyer environ par année. L’archidiocèse n’a vendu aucune église en 2018 ni en 2017.

« Comme comptable professionnel, moi, je suis heureux que nos états financiers soient vérifiés, dit Brian Cordeiro, économe adjoint de la CACRM. Ils sont bien acceptés par l’Agence du revenu du Canada. Ça donne une zone de confort. »

Il souhaiterait que la Loi sur les fabriques, qui ne s’applique qu’à l’Église catholique, soit modernisée, par exemple pour ne pas obliger le marguillier à habiter sur le territoire de la paroisse qu’il dirige. Le statut d’organisme de bienfaisance enregistré accordé au Canada et au Québec aux groupes religieux « pour l’avancement de la religion » ne le gêne pas.

« Je connais la situation en France et en Allemagne, dit M. Cordeiro, lui-même originaire de l’Inde. Là-bas, c’est l’État qui prend la responsabilité de la religion. En Allemagne, le prélèvement pour les religions se fait par la déclaration de revenus des citoyens. Nous, nous avons beaucoup d’activités de bienfaisance pour aider les pauvres, les immigrants, l’éducation des personnes. Mais notre activité principale, oui, c’est absolument la religion. »

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