Le propriétaire du zoo de Saint-Édouard riposte en cour

La SPCA a procédé, le 21 mai dernier, à la saisie de plusieurs animaux qu’elle soupçonne être maltraités par le propriétaire du zoo de Saint-Édouard.
Photo: Paul Chiasson La Presse Canadienne La SPCA a procédé, le 21 mai dernier, à la saisie de plusieurs animaux qu’elle soupçonne être maltraités par le propriétaire du zoo de Saint-Édouard.

Le propriétaire du zoo de Saint-Édouard, Normand Trahan, demande à la cour d’annuler les mandats de perquisition pour tenter de récupérer ses animaux.

Son avocat, Me Michel Lebrun, a déposé une requête dans ce but, lundi, au palais de justice de Trois-Rivières.

M. Trahan a été accusé d’avoir causé des souffrances et des blessures à des animaux, dont des oiseaux, et d’avoir omis de leur fournir l’eau, la nourriture et les soins nécessaires. Les gestes auraient été commis entre mai 2016 et octobre 2018.

Mardi dernier, les animaux ont été saisis par la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA). Les autorités avaient immédiatement amorcé la tâche complexe de retirer du zoo les animaux mal en point selon elles, notamment des zèbres, des singes, des chameaux, des kangourous, des lions, des tigres et des ours.

M. Trahan nie que les animaux étaientmal traités, a indiqué en entrevue Me Lebrun. Il était responsable du zoo situé en Mauricie depuis 30 ans, détenait les permis requis et collaborait avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, a-t-il ajouté.

Dans la requête, il est allégué que la saisie a été menée de façon abusive et qu’elle viole les droits de M. Trahan, protégés par la Charte canadienne des droits et libertés.

D’abord parce que l’on ne lui a pas permis de savoir ce qui était recherché par la saisie ni les méthodes qui seraient employées.

Mais aussi parce que la SPCA, qui a mené la perquisition, a un parti pris contre les zoos, et cherche à se débarrasser de cette activité, qui est légale au Québec. Ses agents n’ont pas l’objectivité requise pour exercer les fonctions d’un agent de la paix et seraient même en conflit d’intérêts, est-il rapporté dans la procédure.

De plus, pour obtenir la délivrance du mandat de perquisition par un juge, la SPCA a allégué que les animaux étaient en « danger imminent », alors que ses observations dataient d’il y a plusieurs mois, est-il invoqué dans la requête.

Le propriétaire du zoo demande donc que les mandats soient annulés et qu’on lui remette tout ce qui a été saisi : bêtes et lieux. Il veut aussi qu’il soit interdit à la SPCA d’avoir accès au zoo.

La date à laquelle cette requête sera entendue par un juge de la Cour supérieure n’a pas encore été déterminée.

Les accusations portées contre M. Trahan sont passibles d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq et deux ans, selon le Code criminel.