Un Canadien emprisonné à Oman, sa famille craint pour sa vie

André Gauthier a été emprisonné à Dubaï pendant près de 18 mois entre 2015 et 2017 et est emprisonné à Oman depuis mars.
Photo: THE CANADIAN PRESS/HO André Gauthier a été emprisonné à Dubaï pendant près de 18 mois entre 2015 et 2017 et est emprisonné à Oman depuis mars.

La famille d’un Québécois emprisonné à Oman craint pour sa sécurité et a imploré le gouvernement canadien de l’aider à le rapatrier avant son extradition vers les Émirats arabes unis pour des allégations de fraude. André Gauthier a été emprisonné à Dubaï pendant près de 18 mois entre 2015 et 2017 et est emprisonné à Oman depuis mars, lorsque les autorités l’ont empêché de revenir au Canada, selon son fils.

Le fils de l’homme de 65 ans et son avocate décrivent M. Gauthier comme un lanceur d’alerte, qui avait signalé aux autorités émiraties des transactions irrégulières dans une entreprise de commerce d’or dans laquelle il était impliqué. Selon eux, M. Gauthier est devenu toutefois le bouc émissaire dans cette fraude de 30 millions $, tandis que les vrais instigateurs du stratagème ont pris la fuite.

Ils demandent maintenant au premier ministre Justin Trudeau d’intervenir pour que l’homme ne soit pas transféré à Dubaï, où ses droits pourraient être bafoués. Son fils, Alexis Gauthier, craint pour la vie de son père.

M. Gauthier affirme que son père, un expert de l’industrie minière originaire du Saguenay-Lac-St-Jean, s’est impliqué dans l’entreprise Gold AE en 2013, lorsqu’il est devenu un actionnaire minoritaire. Selon M. Gauthier, les problèmes de son père ont commencé quand il a décidé de signaler aux autorités des pratiques suspectes qu’il avait observées, après quoi il aurait fait l’objet de plaintes criminelles des actionnaires, qui ont mené à son arrestation à la fin de l’année 2015.

Après avoir passé 18 mois en prison sans être accusé, André Gauthier a été libéré, pour être ensuite accusé et condamné à huit ans de prison relativement à la fraude. À court d’argent pour payer des avocats et perdant espoir de recevoir l’aide des autorités canadiennes, M. Gauthier a décidé d’abandonner le long processus d’appel et s’est dirigé à Oman, un pays voisin où il a été arrêté en mars alors qu’il tentait d’obtenir d’urgence un passeport pour rentrer au Canada.

La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a affirmé que les autorités consulaires étaient au courant du dossier, ajoutant que sa secrétaire parlementaire, Pamela Goldsmith-Jones, avait rencontré les autorités d’Oman pour en discuter. « Je comprends et sympathise profondément avec la famille, a-t-elle déclaré aux journalistes lundi. Ce sont toujours des situations difficiles et nous allons continuer à travailler dur. »

Mais Alexis Gauthier croit que les autorités canadiennes traînent les pieds depuis trop longtemps. Avec l’aide du député conservateur Richard Martel, qui représente la région, il a interpellé directement Justin Trudeau pour qu’il s’implique personnellement. « Il y a la possibilité, il y a déjà eu des précédents de cas similaires, a plaidé M. Gauthier. On parle de droits humains de base. »