Manifestation pro-choix devant le consulat américain à Montréal

Des femmes et des hommes manifestant à Atlanta le 21 mai dernier à la suite des récentes restrictions du droit à l’avortement aux États-Unis
Photo: Elijah Nouvelage Getty Images / AFP Des femmes et des hommes manifestant à Atlanta le 21 mai dernier à la suite des récentes restrictions du droit à l’avortement aux États-Unis

Quelques centaines de manifestantes se sont massées devant le consulat américain, au centre-ville de Montréal, dimanche après-midi, pour dénoncer les récentes restrictions du droit à l’avortement aux États-Unis, mais aussi pour mettre en garde les politiciens de côté-ci de la frontière.

Criant des slogans tels que « My body, my choice ! » (« Mon corps, mon choix ! »), les protestataires ont laissé transparaître un mélange de combativité et d’exaspération.

« La minute qu’on ferme les yeux et que ça arrive ailleurs, ça peut tranquillement se passer ici aussi », lance Tanya Hage, 29 ans.

La Fédération du Québec pour le planning des naissances (FQPN) partage cette inquiétude. Sa co-coordonnatrice, Mariane Labrecque, explique que les opposants canadiens au droit à l’avortement concentrent toutefois leurs efforts sur l’accès aux services d’interruption de grossesse.

La minute qu’on ferme les yeux et que ça arrive ailleurs, ça peut tranquillement se passer ici aussi

L’avortement a été complètement décriminalisé en sol canadien en 1988, lorsque la Cour suprême s’est penchée sur une cause concernant le Dr Henry Morgentaler. L’année suivante, le plus haut tribunal au pays a déterminé le statut juridique d’un foetus, en tranchant que l’on ne devient une personne au sens de la loi qu’une fois mis au monde, vivant et viable.

Le droit à l’avortement s’appuie sur une solide jurisprudence, mais ne fait l’objet d’aucune loi, explique Mme Labrecque. Il est donc plus difficile pour des politiciens d’en restreindre la portée, car plutôt que de simplement amender un texte existant comme le fait la droite religieuse aux États-Unis, il faudrait carrément recriminaliser l’acte.

Mme Labrecque observe avec appréhension la montée en force de certains politiciens de droite opposés à l’avortement et espère que les positions des candidats aux élections fédérales ne passeront pas sous le radar cet automne.

Interrogé sur le sujet la semaine dernière, le chef conservateur, Andrew Scheer, s’est engagé à ne pas rouvrir cette boîte de Pandore, sans pour autant s’avancer sur son point de vue.

Quant au chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, il a récemment refusé de se dire « pro-vie » ou « pro-choix », mais n’a pas exclu la tenue d’un éventuel débat à la Chambre des communes.