Petits Chanteurs: le ministre de l’Éducation invite la CSDM à «faire ses devoirs»

Les dirigeants des Petits Chanteurs du Mont-Royal se sont présentés au Conseil des commissaires pour plaider leur cause. Mais c’est peut-être vers le ministre de l’Éducation qu’ils devront se tourner, si l’on se fie aux réponses de la présidente de la CSDM.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Les dirigeants des Petits Chanteurs du Mont-Royal se sont présentés au Conseil des commissaires pour plaider leur cause. Mais c’est peut-être vers le ministre de l’Éducation qu’ils devront se tourner, si l’on se fie aux réponses de la présidente de la CSDM.

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a invité mercredi la Commission scolaire de Montréal (CSDM) à « faire ses devoirs » concernant les solutions proposées aux parents des Petits Chanteurs du Mont-Royal.

Cette sortie est survenue le jour même où une trentaine d’acteurs du milieu artistique ont signé une lettre offrant leur soutien aux Petits Chanteurs dans La Presse +.

La CSDM avait annoncé plus tôt ce printemps mettre fin à une entente historique permettant aux choristes de faire leurs études secondaires au rabais au collège Notre-Dame, un établissement privé.

M. Roberge a expliqué au Devoir que les Petits Chanteurs étaient « très importants » pour le gouvernement. « C’est un joyau », a-t-il résumé, en ajoutant vouloir en assurer la continuité.

Il a ajouté « comprendre » la position de la CSDM, mais a jugé que la Commission scolaire proposait des solutions « inacceptables ».

Questionné quant à une possible intervention du gouvernement dans le dossier, le ministre a déclaré vouloir laisser place aux discussions entre la CSDM et les parents des choristes. Selon lui, il est possible de trouver une « alternative viable ».

Il a toutefois ajouté qu’il n’était « pas question de laisser les projets pédagogiques être mis à mal », mais il n’a pas voulu préciser sa pensée.

Un financement direct

En réaction aux propos du ministre Roberge, la présidente de la CSDM, Catherine Harel Bourdon, a invité le ministre à « financer directement à 100 % le collège Notre-Dame ».

Elle a ajouté que, quelles que soient les démarches faites avec le collège Notre-Dame, la CDSM offrira « des possibilités dans [le] réseau des écoles publiques ».

« C’est sûr qu’en ce qui concerne la proximité, on ne peut pas leur offrir plus proche que ce qu’ils ont actuellement », a concédé la présidente de la CSDM par rapport au fait que le collège privé est situé juste en face du lieu de répétition des Petits Chanteurs.

« La réalité dans la solution que vous offrez est que les parents [des choristes] vont partir. Les commissaires autour de la table souhaitent-ils que leur legs politique soit d’avoir mis fin [aux Petits Chanteurs] ? » a demandé mercredi soir le président du conseil d’administration des Petits Chanteurs, Pierre-Éloi Talbot.

Avec une vingtaine de parents de choristes, il s’est présenté au Conseil des commissaires de la CSDM. Un conseil où la période réservée au public s’est déroulée sous tension. Les représentants des Petits Chanteurs du Mont-Royal ont d’ailleurs déposé une pétition comportant environ 16 000 signatures à la CSDM.

En mêlée de presse à sa sortie de la salle, M. Talbot a qualifié son échange avec Mme Harel Bourdon de « décevant ». « La CSDM répète ad nauseam qu’ils font une offre actuellement aux parents. La réalité est que cette offre n’est pas acceptée par les parents », constate-t-il, qualifiant la position de la CSDM d’« attitude de fermeture ». Il accuse d’ailleurs la Commission scolaire de « faire de la politique sur le dos des enfants ».

« On pense que la prochaine étape, comme l’a ailleurs suggéré Mme Harel Bourdon, est que le ministre intervienne tout simplement et fasse lui-même les paiements au collège Notre-Dame », a-t-il suggéré.

Nathalie Béland, présidente de l’association Famille-Maîtrise, qui réunit les parents des Petits Chanteurs, abonde en ce sens. « On demanderait une intervention du ministre dans ce dossier-là parce qu’on est très préoccupés », a-t-elle réclamé. 

« J’espère qu’ils [la CSDM] vont faire preuve de plus d’écoute et d’ouverture, puisque toutes les préoccupations avaient déjà été mentionnées. Malheureusement, elles semblent avoir été complètement mises de côté », a-t-elle constaté.  

Une rencontre entre la CSDM et les Petits Chanteurs aura lieu le 29 mai. Une rencontre où la CSDM a « expressément demandé qu’il y ait des parents représentants des Petits Chanteurs.

« On va rester de bonne foi, et on va souhaiter que la CSDM retourne à la table et accepte un certain compromis », espère M. Talbot.