À la découverte des Iroquoiens du Saint-Laurent

Anne-Sophie Poiré Collaboration spéciale
L’intérieur d’une maison longue
Photo: Droulers-Tsiionhiakwatha L’intérieur d’une maison longue

Ce texte fait partie du cahier spécial C'est l'été

À Saint-Anicet, dans le Haut-Saint-Laurent, serpente un petit cours d’eau : la rivière La Guerre. Bien avant l’arrivée des Français, vers la fin du Sylvicole supérieur (de l’an 1000 à 1534), des Iroquoiens étaient venus y installer leurs villages. C’est l’histoire de ces nations qui est racontée au Centre d’interprétation du site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha.

Tsiionhiakwatha n’est pas un « attrape-touristes pour divertir les Français avec de faux Indiens à plumes », laisse tomber le directeur du centre d’interprétation, Pascal Perron. Lieu historique national, la reconstitution grandeur nature d’un de ces villages iroquoiens permet aux visiteurs de se construire « une représentation juste » de cette société et de son mode de vie. « Le site témoigne de la manière dont les peuples vivaient 100 ans avant l’arrivée des Européens, pendant la période de contact. »

Les archéologues attribuent les restes matériels de ces villages à des populations qu’ils appellent « Iroquoiens du Saint-Laurent ». Ce sont les groupes autochtones de la famille linguistique et culturelle que rencontrera Jacques Cartier. « Il s’agit des plus importants vestiges en Amérique du Nord », fait valoir Pascal Perron.

« L’authenticité des lieux » en fait le théâtre de nombreux tournages pour la télévision et le cinéma, dont le film Hochelaga, terre des âmes de François Girard, sorti en 2017.

 
Photo: Droulers-Tsiionhiakwatha Le site témoigne de la manière dont les peuples vivaient 100 ans avant l’arrivée des Européens.

« Il y a seulement huit endroits en Amérique du Nord qui ont des répliques de la sorte, précise le directeur du centre d’interprétation. Il y a une petite cabane au parc national des Îles-de-Boucherville, deux maisons longues au village des Hurons à Wendake, une en Ontario, et d’autres en Pennsylvanie et dans l’État de New York. »

Visites guidées, activités de groupes, dégustation de mets typiques, comme le pain et la soupe de maïs ainsi que les poissons fumés, et nuitées en maisons longues sont au programme. Puis, des fouilles archéologiques publiques supervisées par une archéologue seront offertes deux week-ends du mois d’août. Truelle en main, « il est presque garanti d’y trouver des artéfacts ».

Quelque 15 000 visiteurs par année affluent au site archéologique Droulers-Tsiionhiakwatha, et de 8000 à 9000 d’entre eux proviennent des visites scolaires. « Le site s’adresse à tous, mais il demeure très éducationnel », dit Pascal Perron. Deux heures sont à prévoir pour une expérience complète.