La mode des «mud runs»

Martine Letarte Collaboration spéciale
Deux femmes se faisaient l’accolade lors de la Mud Girl Run d’Hamilton, en Ontario, l’an dernier. 
Photo: Mud Girl Run Deux femmes se faisaient l’accolade lors de la Mud Girl Run d’Hamilton, en Ontario, l’an dernier. 

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Il y a la mode des color runs, où les participants se font lancer de la poudre de différentes couleurs tout au long d’un parcours. Mais depuis quelques années, les mud runs gagnent aussi en popularité. Le concept ? Réaliser une course à obstacles… dans la boue ! Et au détour, retrouver son cœur d’enfant.

« La course casse les barrières, indique d’emblée Gary Pillu, cofondateur de Sportera qui organise depuis 2017 la Mud Girl Run. Toutes les participantes la commencent bien habillées et la finissent couvertes de boue et généralement avec un grand sourire. »

Cette course à obstacles pour les femmes a été lancée à Montréal et à Québec d’abord, et depuis, elle se déploie dans plusieurs villes. L’an dernier, cinq Mud Girl Runs tenues au Canada ont attiré 42 000 participantes. Cette année, avec l’ajout de Shawinigan, London, Toronto et, sur la côte ouest américaine, l’arrivée de Phoenix, Los Angeles et Las Vegas, les organisateurs s’attendent à avoir de 60 000 à 65 000 participantes au total. En 2020, la côte est s’ajoutera aux villes participantes, avec la Floride, notamment.

Mais quel attrait ces femmes peuvent-elles bien trouver à aller se rouler dans la boue ?

« Plusieurs autres courses à obstacles sont très masculines et compétitives, pensées d’abord pour les sportifs d’élite, alors bien des femmes ne se sentaient pas à l’aise d’y participer, explique Gary Pillu. Elles viennent à la Mud Girl Run pour s’amuser entre filles. Puis, il faut quand même vaincre sa peur de se salir dans la boue ! »

La course de 5 kilomètres comprend des obstacles accessibles à toutes et n’est pas chronométrée. « Les participantes ne sont pas là pour compétitionner, mais pour avoir du plaisir, constate l’organisateur. Pour plusieurs, c’est une occasion de se remettre en forme, ce qui est déjà une grande victoire. Puis, certaines participantes auront la piqûre et oseront par la suite aller vers des courses conçues davantage pour les sportifs d’élite. »

Photo: Mud Girl Run Les participantes finissent couvertes de boue et généralement avec un grand sourire.

Si la Mud Girl Run se consacre à la clientèle féminine, d’autres courses dans la boue s’adressent à une clientèle diversifiée. La course Mud Hero, créée en Ontario en 2012, propose des courses à obstacles dans la boue de 6 et de 10 kilomètres dans de grandes villes comme Montréal, Toronto, Ottawa ainsi que dans des localités en Alberta, au Manitoba et en Nouvelle-Écosse. Événement mixte, la Mud Hero propose aussi dans plusieurs villes une course pour les enfants.

Initiative de Québec, la course Totale bouette propose pour sa part un parcours de 5 kilomètres pour tous (dès 12 ans) et un parcours minibouette d’environ 1 kilomètre pour les 4 à 12 ans. Le tout est axé sur le plaisir plutôt que sur la performance : les gens sont invités à se costumer.

Dons à des organismes de charité

Ces courses ludiques ont aussi souvent un volet philanthropique. Par exemple, la Totale bouette, liée à la Société canadienne de la sclérose en plaques, section région de Québec, encourage ses participants à amasser des dons en leur donnant des récompenses.

La Mud Hero suggère à ses participants de recueillir des promesses de dons ou de faire des dons personnels à Olympiques spéciaux Canada, organisme qui vise, par l’activité physique, le mieux-être des personnes ayant une déficience intellectuelle.

La Mud Girl est pour sa part liée à la Fondation du cancer du sein du Québec. « Ma tante a eu un cancer du sein et elle est en rémission, alors c’est une cause qui me touche beaucoup », affirme Gary Pillu. Après avoir décidé de verser 5 $ à chaque produit vendu en boutique lors de la course, les fondateurs de la Mud Girl ont décidé cette année d’augmenter l’importance de leurs dons en versant 2 $ par inscription. « Nous sommes déjà rendus à environ 100 000 $ en dons pour les événements de cette année », précise-t-il.