Vivre l’aventure urbaine à Montréal

Anne-Sophie Poiré Collaboration spéciale
<p>Alors que les étés se font toujours plus suffocants dans la métropole, Rafting Montréal a connu son année record en 2018.</p>
Photo: Mike Hitelman

Alors que les étés se font toujours plus suffocants dans la métropole, Rafting Montréal a connu son année record en 2018.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Découvrir la métropole sur une planche de surf, en rafting, ou encore observer les intrépides s’adonner au « parkour » : les activités d’aventure envahissent les milieux urbains. Qu’en est-il à Montréal ?

« Montréal est une île qui compte beaucoup de cours d’eau », rappelle Paul Arseneault, titulaire de la Chaire de tourisme Transat de l’École des sciences de la gestion de l’UQAM et directeur du Réseau de veille en tourisme. Elle possède, selon lui, tous les atouts nécessaires pour tirer profit de la tendance pour l’« aventure urbaine », à commencer par sa topographie. « La proximité des parcs nationaux, comme le parc des Îles-de-Boucherville et le parc d’Oka, les étendues d’eau et le mont Royal ne sont pas des normes pour une métropole nord-américaine de plus d’un million d’habitants. »

Et la demande est bien réelle : les voyageurs sont plus sportifs et leurs déplacements, plus actifs. « Les visiteurs ne demandent plus un tour de ville en calèche. Ils ne souhaitent plus prendre leur petit-déjeuner typiquement américain dans le même hôtel, laisse tomber Paul Arseneault. Ils veulent bouger et se déplacer en Bixi. Montréal se prête bien à cette demande. »

La relation entre la métropole et les activités d’aventure n’en est pas une naturelle, selon lui. La notion d’« aventures » est plutôt un complément à ce qui est offert à Montréal dans le cadre d’un voyage d’agrément. La ville, toutefois, possède ce petit côté « bum et rebelle » qui colle bien à cette nouvelle réalité touristique.

Surfer sur la rivière

« Dans le fleuve » depuis 1995, KSF est une famille qui s’agrandit autour du Saint-Laurent. L’entreprise offre aujourd’hui des cours et des excursions de planche à pagaie, de kayak et de surf de rivière. « Des touristes en transit veulent essayer le surf, d’autres inscrivent l’activité dans leur tour de Montréal et certains se déplacent spécifiquement pour un cours de surf ou de planche à pagaie », indique Kristine Choinière, de KSF. Elle constate une recrudescence de la demande provenant majoritairement du tourisme régional.

Les files d’attente pour les amateurs de surf s’allongent. Montréal est quelque peu saturée en matière de vagues. Hugo Lavictoire, fondateur et directeur de KSF, croit cependant que la métropole pourrait devenir la capitale mondiale du surf de rivière, mais pas sans la création de nouvelles vagues.

Photo: Mike Hitelman

En collaboration avec la Fédération québécoise de canoë-kayak d’eau vive (FQCKEV), Hugo Lavictoire a soumis un dossier à la société Les ponts Jacques Cartier et Champlain, qui détient un programme de mesures compensatoires pour les inconvénients liés à la construction du nouveau pont.

Ce sont 250 000 tonnes de béton, 25 000 tonnes d’acier et 12 000 tonnes d’asphalte qui seront larguées pendant l’opération de déconstruction qui débutera en 2020. « Avec l’équipement déjà en place et les anciens matériaux, il serait possible de créer des vagues de manière artificielle, principalement pour augmenter le tourisme relié au surf », fait-il valoir. Le dossier est présentement à l’étude.

Rafting Montréal

Hugo Lavictoire est également copropriétaire de Rafting Montréal, avec Vanessa Giguère, directrice générale et copropriétaire. Dans les rapides de Lachine, ils offrent deux types de descentes en rafting, L’aventureuse et La familiale, puis le Jet Boating, une embarcation spécialement conçue pour braver les eaux turbulentes. « La clientèle est très internationale, indique Vanessa Giguère. Les touristes viennent voir Montréal d’une différente façon. » Alors que les étés se font toujours plus suffocants dans la métropole, Rafting Montréal a connu son année record en 2018.

L’art marginal du parkour

Au Stade olympique, il est possible d’observer des adeptes de parkour s’exercer sans gêne. Cette discipline sportive consiste à franchir des obstacles urbains ou naturels, par des mouvements agiles et rapides et sans l’aide de matériel. Selon Pascal Lecurieux, coach principal à The Spot, un gym où est enseigné l’« art marginal » du parkour, le stade est un endroit de choix pour pratiquer cette activité, puisqu’il est moins fréquenté. « La majorité de notre communauté s’entraîne à l’extérieur, dit-il. On va dans des endroits qui ne sont pas forcément au vu de tous. » Il estime la communauté à quelque 800 membres.