Des métaux dans les eaux du Québec

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
Les chercheurs étudient les contaminants présents dans les eaux du fleuve Saint-Laurent.<br />
 
Photo: François Guillemette Les chercheurs étudient les contaminants présents dans les eaux du fleuve Saint-Laurent.
 

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Une part importante des travaux du Groupe de recherche interuniversitaire en limnologie (GRIL) porte sur les contaminants présents dans l’eau. Grâce au Lampsilis, un navire de recherche appartenant à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), certains chercheurs se penchent notamment sur la présence de pesticides dans l’eau du Saint-Laurent, d’autres sur les matières organiques.

Marc Amyot, professeur en sciences biologiques à l’Université de Montréal, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en écotoxicologie et changements mondiaux et lui-même membre du GRIL, s’intéresse à la présence de terres rares dans le fleuve. Ils s’agit d’un groupe de 17 métaux, très utilisés aujourd’hui dans la fabrication de piles pour véhicules électriques et de divers appareils électroniques, dont les téléphones intelligents. Encore peu de recherche a été effectuée sur une possible contamination de l’eau que pourraient causer les terres rares.

« Mes recherches m’ont amené à constater une présence en quantité inhabituelle de gadolinium dans les eaux du Saint-Laurent », mentionne M. Amyot. Cet élément chimique est utilisé notamment dans la fabrication d’appareils d’imagerie médicale. Bien que la concentration ne soit pas assez élevée pour représenter un risque pour la santé, M. Amyot croit qu’il faut surveiller le phénomène, car l’usage de ces métaux est aujourd’hui très fréquent et il le sera de plus en plus.

Une autre raison de s’y intéresser est l’éventuelle exploitation d’un gisement de terres rares dans le Nord-du-Québec, près du village de Kangiqsualujjuaq, dans la baie d’Ungava. « Je travaille en ce moment à évaluer les impacts qu’aurait sur la communauté inuite le projet d’extraction de ces métaux, dit M. Amyot, qui mentionne que l’exploitation des terres rares est généralement très polluante. Ce travail, fait en association avec la communauté de l’endroit, devrait permettre de développer des normes associées à l’exploitation de ces métaux. »