Inondations: des mesures pour aider les sinistrés à Gatineau

L'Outaouais est la région la plus durement touchée par les inondations.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne L'Outaouais est la région la plus durement touchée par les inondations.

Le conseil municipal de Gatineau a mis en place mardi soir des mesures visant à aider les sinistrés des inondations de la rivière des Outaouais.

Les mesures incluent le report du prochain versement des impôts fonciers en 2020, sans intérêts ni pénalité, pour les résidants dont les maisons ont été inondées. Les propriétaires qui désirent effectuer des travaux dans leur résidence seront quant à eux exemptés des frais liés aux permis de construction et aux certificats d’autorisation.

Ces mesures surviennent alors que la situation des inondations semble se stabiliser dans la quatrième ville en importance au Québec. Quatre secteurs sont toujours sous surveillance, soit ceux d’Aylmer, de Pointe-Gatineau et de la rue Jacques-Cartier, du boulevard Hurtubise, et du chemin du Fer-à-Cheval à Masson-Angers.

Le directeur régional de la Sécurité civile à Gatineau, Denis Bélanger, prévoit une légère décrue au cours de la semaine. « On a atteint les niveaux maximaux [mardi] », a-t-il annoncé, en spécifiant qu’aucune hausse du niveau des eaux n’était attendue d’ici au moins une semaine.

Néanmoins, les autorités s’attendaient mardi à voir le niveau du cours d’eau continuer de monter entre les secteurs de Rouyn-Noranda et du Pontiac, avant d’atteindre un plateau mercredi.

 
2000
C’est le nombre estimé de bâtiments inondés à Gatineau depuis le début des crues du printemps 2019.

« Avec la pluie qu’on a eue et la fonte des neiges qui est lente présentement, on devrait normalement atteindre notre deuxième pic mercredi, qui ne sera pas aussi haut que le premier », a fait savoir en entretien Éric Houde, porte-parole de la sécurité civile. « Et ensuite, on devrait observer une descente lente de la rivière des Outaouais, selon la météo, bien entendu », a-t-il ajouté, en expliquant que le retrait des eaux dans cette région pourrait prendre plusieurs semaines.

La Ville de Gatineau estime à environ 2000 le nombre de bâtiments inondés depuis le début des crues.

Des mesures suffisantes ?

Selon une sinistrée résidant sur le chemin du Fer-à-Cheval à Gatineau, Roxanne Briand, le report du versement des impôts fonciers n’est « pas une bonne idée ». Elle conseille d’ailleurs aux sinistrés qui songent à reporter leur paiement d’impôts fonciers de réfléchir à la somme d’argent plus élevée qui devra être déboursée d’un seul coup.

Mme Briand soutient toutefois que l’exemption de frais liés aux permis de construction et aux certificats d’autorisation « avait aidé, la dernière fois ». Sa demeure avait déjà été endommagée lors des inondations de 2017. Cette année, les dégâts sont limités à l’extérieur de sa propriété. « On est chanceux, mais on vient de finir de faire refaire les travaux », a-t-elle expliqué en estimant les dommages causés ce printemps à environ 50 000 $.

Roxanne Briand aimerait également que la Ville de Gatineau fournisse de l’eau potable aux sinistrés. Elle souhaite aussi que le maire, Maxime Pedneaud-Jobin, réclame une commission d’enquête sur la gestion des barrages, comme l’ont fait la municipalité de Mansfield-et-Pontefract et la MRC de Pontiac.

Denis Bélanger soutient toutefois avoir « confiance en la gestion des barrages ». Il attribue d’ailleurs les inondations aux quantités variables de neige et de pluie, et assure que les crues n’ont « aucun lien avec la gestion des barrages ».

Des milliers de sinistrés

D’après les données publiées par le ministère de la Sécurité publique du Québec, le bilan provincial des résidences inondées s’élevait à 4816 au moment où ces lignes étaient écrites.

De ce nombre, la région de l’Outaouais reste la plus durement touchée par les inondations, avec 1873 résidences actuellement inondées et 3280 personnes évacuées. La région des Laurentides connaît elle aussi un bilan élevé avec l’inondation de 1591 propriétés et plus de 3000 personnes évacuées.


Avec Guillaume Lepage

Un CHSLD de Maniwaki évacué

Maniwaki — La hausse anticipée du niveau de la rivière Désert d’ici mercredi après-midi à Maniwaki, en Outaouais, a incité le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO) à entreprendre lundi après-midi l’évacuation du Centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD) Foyer Père-Guinard, qui héberge près de 70 personnes. Le transport des résidents de l’établissement situé sur la rue des Oblats, qui longe la rivière Désert — un affluent de la rivière Gatineau — doit être achevé mardi. Aucun incident significatif ne semble s’être produit pendant les premières heures de l’opération de transport de ces personnes vulnérables. Plusieurs ont été emmenées dans une église qui a été aménagée pour les accueillir en tenant compte de leur condition, alors que d’autres ont été confiées à trois autres foyers de soins. Avant de mettre le transfert en branle, le CISSSO avait rencontré les résidents et leur famille pour leur expliquer le plan d’évacuation. On ignore le moment où les résidents du Foyer Père-Guinard pourront réintégrer l’établissement. La Presse canadienne