Infiltrations d’eau dans une aérogare neuve: poursuite de 8 millions

Le projet, terminé en mai 2016, se trouve dans la communauté inuite d’Inukjuak, au Nunavik.
Photo: Ian Schofield CC Le projet, terminé en mai 2016, se trouve dans la communauté inuite d’Inukjuak, au Nunavik.

Après de multiples infiltrations d’eau dans une nouvelle aérogare située dans le Grand Nord québécois — et dont les fondations seraient déjà abîmées —, le gouvernement québécois poursuit plusieurs entreprises, notamment SNC-Lavalin Stavibel, pour 8 millions de dollars.

Le projet livré en mai 2016 comprenait notamment la construction d’une nouvelle aérogare et d’un nouveau garage d’entretien dans la communauté inuite d’Inukjuak, au Nunavik. Des lacunes ont toutefois été décelées alors que les travaux venaient à peine d’être terminés.

« Le problème majeur d’imperméabilisation de l’immeuble affecte sa structure porteuse et menace l’ouvrage de dangers sérieux conduisant à une ruine imminente ou latente », peut-on lire dans le document déposé au palais de justice de Montréal.

Le montant de la poursuite englobe les coûts de conception, de réalisation et de surveillance de la nouvelle aérogare d’Inukjuak, soit environ 47 % des coûts du projet, lesquels s’élèvent à plus de 17 millions. « Il est actuellement à prévoir que la reprise des fondations entraîne la reconstruction de l’aérogare », est-il explicité.

Failles

En janvier 2014, Transports Québec confie la conception de ces nouvelles installations au consortium formé des firmes de génie SNC-Lavalin Stavibel et d’architecture Fournier, Gersovitz, Moss, Drolet & Associés. Le ministère leur impose ainsi « de respecter des objectifs de développement durable et de s’assurer de la pérennité des installations à être construites », est-il écrit.

Le prix de ce mandat s’est établi à plus de 1,3 million.

En mai 2016, une « importante infiltration d’eau se produit dans le sous-sol de la nouvelle aérogare, lequel inclut une salle électrique qui alimente les installations de l’aérogare et du balisage de piste et un entrepôt ». Après cette date, d’autres infiltrations d’eau s’y produisent « régulièrement », entre autres « lors de dégels ou d’épisodes de pluies ».

Devant ce problème récurrent, le ministère des Transports a mandaté deux entreprises expertes afin d’en déceler les raisons. Toutes deux relèvent des failles dans la membrane d’étanchéité, la dernière allant jusqu’à conclure « qu’elle a nécessairement été percée, déchirée et mal jointe » lorsqu’elle a été posée, permettant ainsi à l’eau de s’y faufiler.

À la fois le consortium et l’entrepreneur chargé de la réalisation des travaux — les Constructions Pépin et Fortin — ont été contactés par Transports Québec avant que celui-ci les mette en demeure en février 2018. Le ministère a de nouveau mis en demeure l’entrepreneur trois mois plus tard.

Québec retient par ailleurs près de 600 000 $ à l’entreprise les Construc-tions Pépin et Fortin. L’État est d’ailleurs poursuivi par l’entrepreneur, qui lui réclame la libération de cette retenue.

Le ministère québécois a embauché peu après une compagnie pour sceller le béton du sous-sol de l’aérogare afin « d’assurer la sécurité des lieux considérant les risques d’électrocution causés par la problématique des infiltrations d’eau ». Or, ces travaux n’ont pas suffi à prévenir de nouvelles infiltrations.

La requête devra être présentée prochainement devant un juge de la Cour supérieure du Québec.