Découvrir le jardin et les origines du premier hôpital montréalais

Martine Letarte Collaboration spéciale
La maison natale de Jeanne Mance
Photo: Annabel Loyola La maison natale de Jeanne Mance

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Découvrir le jardin tout en couleurs du monastère des religieuses hospitalières et les origines de l’Hôtel-Dieu, dans le Vieux-Montréal, à travers des visites guidées. Voilà les propositions estivales du Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal.

Les murets de pierre derrière le parc Jeanne-Mance et en bordure de l’avenue Duluth font partie du paysage des Montréalais. Bien peu en revanche savent ce qui se cache derrière. C’est ce qu’on pourra découvrir lors les visites guidées dominicales au jardin des Hospitalières, qui fait partie du monastère de l’avenue des Pins.

Aménagé au XIXe siècle, le jardin, avec ses nombreux arbres fruitiers et son grand potager, servait à nourrir les religieuses hospitalières et les malades de l’hôpital. Plusieurs plantes étaient aussi cultivées pour la préparation de médicaments par les sœurs apothicairesses.

« Dans un grand parterre, on a remis des herbes médicinales qui étaient utilisées par les apothicairesses, comme du pavot, de la lavande, de la mélisse, de la moutarde, alors on fait un petit clin d’œil historique », indique Charlotte Moreau de la Fuente, agente à l’éducation et à la programmation culturelle au Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal.

Depuis le milieu du XXe siècle, le jardin s’est progressivement orienté vers l’horticulture et l’agrément. On y trouve d’ailleurs toujours un verger, le seul de cette ampleur à Montréal. On peut aussi admirer des vignes centenaires et de nombreux arbres fruitiers qui fleurissent au printemps. Tulipes, lilas, iris et pivoines se succèdent également au fil des mois.

Photo: Gilbert Langlois On profite de la visite du jardin pour découvrir la chapelle de style néogothique conçue en 1861 par Victor Bourgeau.

On profite de la visite du jardin pour découvrir la chapelle de style néogothique conçue en 1861 par Victor Bourgeau, l’architecte qui a conçu l’Hôtel-Dieu de l’avenue des Pins, de même que l’intérieur de la basilique Notre-Dame. L’autel de la chapelle a même été récupéré de l’hôpital du Vieux-Montréal, avant son déménagement au pied du mont Royal.

Les visites dominicales du jardin se dérouleront du 16 juin au 8 septembre. Il faut réserver sa place.

Les origines de l’Hôtel-Dieu

La belle saison est entièrement consacrée à la présentation de circuits pédestres dans le Vieux-Montréal ayant comme thème « L’Hôtel-Dieu de Montréal : les origines ». Tout a commencé avec l’arrivée de Jeanne Mance et de Paul de Chomedey de Maisonneuve, qui ont cofondé Montréal le 17 mai 1642. Le premier établissement à abriter les colons est le fort Ville-Marie, aujourd’hui mis en valeur au musée Pointe-à-Callière.

« On commence le circuit à Pointe-à-Callière, puisque Jeanne Mance [une infirmière] a créé un dispensaire dans le fort Ville-Marie, mais dès le premier été, il a été inondé », raconte Paul Labonne, directeur général, Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal.

Pour pouvoir travailler les pieds au sec, l’hôpital l’Hôtel-Dieu de Montréal est érigé en 1645 rue Saint-Paul, à l’angle de la rue Saint-Sulpice. Le monastère est construit en 1659, à la suite de l’arrivée des trois religieuses hospitalières venues prêter main-forte à Jeanne Mance.

Dans la collection permanente du Musée, on peut d’ailleurs voir le plan de l’Hôtel-Dieu du Vieux-Montréal construit en 1695, après que le précédent eut été rasé par un incendie.

Longtemps le seul hôpital de la ville, il a été déménagé en 1861 au pied du mont Royal. Les sœurs ont alors fait construire sur l’ancien terrain du Vieux-Montréal les Cours Le Royer, des entrepôts qu’elles louaient pour financer l’hôpital. Depuis, elles ont vendu ces bâtiments historiques qui ont été convertis en espaces résidentiels et commerciaux.

Ces visites guidées dans le Vieux-Montréal commencent le 2 juin. L’an prochain, le Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal poursuivra le voyage historique avec un circuit commenté du site actuel sur l’avenue des Pins.

Jeanne-Mance et sa crypte

D’ici le 16 décembre, c’est la dernière chance de visiter l’exposition temporaire sur Jeanne-Mance qui a été créée pour le 375e anniversaire de Montréal, en 2017. Elle relate le parcours de la cofondatrice de Montréal avant son départ pour la Nouvelle-France.

« L’un des éléments phares de l’exposition est la photo de la maison des Mance à Langres, en France, qui a été retrouvée il y a quelques années », raconte Paul Labonne.

Alors que les religieuses hospitalières célèbrent cette année le 360e anniversaire de leur arrivée à Montréal, il est également possible de visiter la crypte des Hospitalières, où repose la sépulture de Jeanne Mance.

« C’est un privilège que nous accordent les sœurs », ajoute M. Labonne.

Les visites en mai sont déjà complètes, mais de nouvelles dates seront proposées pour l’automne.