L'UMQ, une institution bientôt centenaire

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
«En créant l’UMQ, les municipalités affirmaient leur désir de faire entendre leur voix au gouvernement», dit Harold Bérubé.
Photo: UMQ «En créant l’UMQ, les municipalités affirmaient leur désir de faire entendre leur voix au gouvernement», dit Harold Bérubé.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

En décembre prochain, l’Union des municipalités du Québec (UMQ) aura 100 ans. Pour souligner l’événement, Harold Bérubé, professeur d’histoire à l’Université de Sherbrooke, a rédigé un livre relatant le centenaire de cette organisation.

En 1918, le gouvernement crée le ministère des Affaires municipales. L’année suivante, l’UMQ naît. Coïncidence ? Certainement pas. « En créant l’UMQ, les municipalités affirmaient leur désir de faire entendre leur voix au gouvernement, de ne pas se faire imposer des choses contre leur gré », dit Harold Bérubé.

Durant les 25 premières années de l’Union, le regroupement est le seul à représenter les municipalités auprès du gouvernement. « L’UMQ avait l’objectif de rassembler toutes les municipalités, relate l’auteur. Cependant, un mécontentement commence à se faire sentir au sein des municipalités rurales, qui s’estiment mal représentées à l’UMQ. » C’est ainsi qu’en 1944 naît l’Union des conseils de comté de la province de Québec, qui changera de nom en1999 pour devenir la Fédération québécoise des municipalités (FQM). « Le premier ministre de l’époque, Maurice Duplessis a encouragé la naissance de ce regroupement, car il craignait le contre-pouvoir de l’UMQ », dit M. Bérubé.

Bien qu’il y ait eu des tentatives de fusion entre l’UMQ et la FQM au fil des années, cela n’a jamais abouti. L’UMQ regroupe aujourd’hui 360 municipalités, parmi les plus populeuses de la province, alors que la FQM en compte 1000, composées surtout de municipalités rurales et de MRC.

Une UMQ plus forte

L’UMQ a traversé des périodes difficiles depuis sa création. « Durant la crise économique des années 1930, l’UMQ a failli mourir et, après la Deuxième Guerre mondiale, le monde municipal cherchait à se tailler une place sur l’échiquier politique, mais cela n’était pas facile, car Duplessis voulait plutôt réduire leur importance », relate M. Bérubé, qui souligne toutefois qu’aujourd’hui, le gouvernement semble plus favorable à une certaine décentralisation de ces pouvoirs.

Cette décentralisation a été obtenue grâce aux multiples démarches faites par l’UMQ, estime Caroline Patsias, professeure en sciences politiques à l’UQAM. « L’Union a réussi à constituer un rapport de force face au gouvernement », dit-elle.

Les lois 120, 121 et 122 donnent effectivement plus de pouvoirs aux municipalités. « Au fil des années, il y a eu une complexification des politiques et une professionnalisation plus grande de l’UMQ, affirme Mme Patsias. Elle offre, par exemple, une multitude de formations spécialisées aux élus. » Des formations offertes sous diverses formes, comme des formations en ligne, formations en salle, webinaires et enregistrements.

L’UMQ offre aussi des services juridiques et des assurances à ses membres, elle publie des guides sur une panoplie de sujets (ex. : fiscalité, aménagement du territoire, environnement), décerne des prix et distribue des bourses.