Mode d’emploi pour intéresser les jeunes à la politique municipale

Martine Letarte Collaboration spéciale
L’implication des jeunes dans la vie politique est le cheval de bataille du président de la Commission des jeunes élus et élues de l’UMQ.
Photo: UMQ L’implication des jeunes dans la vie politique est le cheval de bataille du président de la Commission des jeunes élus et élues de l’UMQ.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Un outil Web pour aider les gouvernements municipaux à amener les jeunes à s’impliquer en politique sera lancé lors des assises 2019 de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). C’est un projet mené par la Commission des jeunes élus et élues.

« La façon de joindre les gens de 40 ans et moins est différente de celle des générations précédentes, et ce changement est encore plus marqué chez les 25 ans et moins, qui vont directement vers les enjeux qui les intéressent sur les réseaux sociaux », indique d’emblée Jérémie Ernould, président de la Commission des jeunes élus et élues de l’UMQ.

Les gouvernements municipaux doivent en tenir compte s’ils veulent amener les jeunes à s’impliquer. Le nouvel outil créé par l’UMQ a été conçu d’abord en pensant aux élus et au personnel des plus petites municipalités et des MRC qui ont moins de ressources humaines et financières que les grandes villes. Il présente de l’information ancrée dans les meilleures pratiques de recherche pour leur permettre de bien comprendre la participation des jeunes. Il leur explique aussi comment ils peuvent agir concrètement tout en montrant des exemples.

« Nous présentons aux autorités municipales des éléments clés, comme les types d’organisations avec lesquelles elles peuvent créer des partenariats pour diffuser de l’information aux jeunes, engager un dialogue avec eux, puis mettre en place des démarches participatives », explique Miriam Fahmy, consultante en processus participatifs et chercheuse indépendante, qui a réalisé ce projet pour l’UMQ.

Par exemple, récemment, plusieurs gouvernements municipaux se sont dotés d’une stratégie jeunesse après avoir réalisé des consultations grâce au soutien du Secrétariat à la jeunesse du Québec.

« On a demandé aux jeunes ce que les municipalités pourraient faire de plus ou de mieux pour eux par différents moyens, comme des discussions, des activités créatives et des sondages en ligne », explique Miriam Fahmy, qui enseigne d’ailleurs la participation publique à l’Université de Montréal.

Le site permettra aussi de découvrir les endroits au Québec où des conseils jeunesse ont été créés. Ces instances, qui ont une reconnaissance formelle, conseillent les élus sur des questions relatives à la jeunesse.

Le site propose également aux autorités municipales un autodiagnostic qui prend environ 15 minutes à réaliser pour obtenir des suggestions de pratiques à mettre en place afin d’agir sur la participation des jeunes.

Un travail de longue haleine

La réalisation de ce nouveau site Web s’inscrit dans une démarche beaucoup plus large.

« Comme président de la Commission des jeunes élus et élues de l’UMQ, l’implication des jeunes dans la vie politique est mon cheval de bataille », affirme Jérémie Ernould, qui est également conseiller pour le district de Robert-Giffard dans l’arrondissement Beauport à Québec, dans l’Équipe Labeaume.

À ses yeux, les efforts de sensibilisation devraient commencer par une intégration de notions liées aux gouvernements de proximité dans le cursus scolaire.

« En histoire, il y a des notions de politique canadienne, provinciale et on aborde même le gouvernement américain, alors qu’il n’y a rien sur les municipalités, s’insurge Jérémie Ernould. Cela me jette par terre, d’autant plus que les jeunes ont plusieurs interactions avec cet ordre de gouvernement, comme lorsqu’ils fréquentent les parcs municipaux, ou qu’ils jouent au hockey grâce à une association soutenue par la Ville, dans un aréna municipal. »

Élu en 2013 à 28 ans, Jérémie Ernould croit qu’intégrer ces notions pourrait avoir un grand impact sur le taux de participation des jeunes aux élections municipales. Lors du dernier scrutin, seulement un jeune de 18 à 25 ans sur quatre a voté à Montréal.

« Il faut d’abord que les jeunes soient informés sur les gouvernements de proximité, à l’école, puis qu’ils soient sensibilisés directement par des initiatives jeunesse réalisées dans leur municipalité, comme des consultations, explique Jérémie Ernould. Ensuite, ils iront voter parce qu’ils comprendront pourquoi c’est important. Puis, ils auront envie de se lancer en politique. »

Mais d’abord, les gens des municipalités pourront commencer par aller fouiller dans la documentation présente sur ce nouveau site Internet.

« On souhaite leur donner le goût d’aller en apprendre plus sur la participation des jeunes en politique municipale, indique Miriam Fahmy. C’est d’ailleurs une bonne façon de travailler à garder les jeunes dans les régions. »