Soulagement partiel pour les résidents de Sainte-Marthe-sur-le-Lac

Certains évacués ont pu récupérer les animaux qu’ils avaient dû laisser derrière eux au moment d’évacuer leur résidence.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Certains évacués ont pu récupérer les animaux qu’ils avaient dû laisser derrière eux au moment d’évacuer leur résidence.

Après plus de trente-six heures d’attente, des sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac ont pu pousser un soupir de soulagement lorsque la mairesse a annoncé qu’ils pourront réintégrer leur maison dès 16 h mardi.

« J’ai eu de l’eau dans mon sous-sol, alors mon souhait c’était qu’on puisse avoir une réintégration rapide pour constater les dégâts et commencer le travail », a confié Mike Germain, un sinistré soulagé d’apprendre une « bonne nouvelle » dans les circonstances. L’homme a quitté son domicile samedi avec le strict minimum après qu’une brèche de 50 à 75 pieds se soit formée dans la partie végétale de la digue naturelle située au bout de la 27e avenue.

La levée de l’ordre d’évacuation a été confirmée en fin de journée lundi par la mairesse Sonia Paulus. Elle n’a toutefois pu dire combien de personnes sont concernées.

La seule zone qui demeurera inaccessible est celle située entre la 22e et la 29e avenue au sud de la rue Louise. « Nous sommes à regarder si on peut réparer la digue, alors on doit attendre avant de permettre aux citoyens de la zone de réintégrer leur domicile », a expliqué Mme Paulus. La mairesse n’a pas voulu s’avancer sur l’échéancier de ces travaux. Elle a toutefois précisé que la construction d’une des deux digues parallèles à celle qui a cédé a été complétée et que l’autre se poursuivait.

Ainsi, les sinistrés qui pourront regagner leur domicile sont ceux qui résident à l’est de la 21e avenue, au sud du chemin d’Oka, à l’ouest de la 30e avenue et au sud de la rue Louise, ainsi que dans le quadrilatère formé par la 32e et la 45e avenue, et la rue Louise et la rue Provost.

Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir La mairesse de Sainte-Marthe-sur-le-Lac, Sonia Paulus

Ils devront présenter une pièce d’identité et recevoir l’autorisation du service de sécurité incendie avant de réintégrer leur domicile, a précisé la mairesse.

Au total, plus de 6000 citoyens avaient été évacués samedi, soit le tiers de la population de cette municipalité des Laurentides.

Premiers constats

Sous escorte policière, des sinistrés ont pu constater pour la première fois lundi les dégâts de la montée rapide des eaux le temps d’aller récupérer quelques effets personnels.

« Je suis en attente d’un appel pour une chirurgie alors je voulais récupérer à tout prix mon téléphone parce que je ne veux pas le manquer », a dit Bob Gosselin, qui était soulagé de constater que l’eau n’avait pas atteint le rez-de-chaussée de sa maison mobile. L’homme réside sur la 27e avenue, au coeur de la zone sinistrée.

De l’autre côté des rubans orange installés la veille par les policiers sur une quarantaine de rues, les voisins échangeaient les informations obtenues au compte-gouttes tout au long de la journée.

« C’est la course depuis deux jours. On est d’abord allés à la Croix-Rouge où on a attendu trois heures pour remplir des papiers. Ma femme est enceinte et doit accoucher dans deux semaines, alors c’est assez stressant », a confié Keven Jamison, qui attendait d’être autorisé à récupérer non seulement quelques effets personnels, mais aussi son chat.

« Dimanche à 6 h, j’avais eu un OK des policiers pour utiliser ma chaloupe, mais à 7 h, ils ont changé de quart, et les nouveaux policiers m’ont reviré de bord », s’est-il désolé.

Sauvetage animal

Les efforts sur le terrain se sont surtout concentrés sur le secours des animaux de compagnie abandonnés par leurs propriétaires dans l’énervement de l’évacuation.

« Nous soupions chez une amie lorsque l’évacuation s’est produite. J’ai laissé mes enfants chez elle pour venir sortir les animaux, mais quand je suis arrivée, c’était trop tard, toutes les rues étaient bloquées par la police », a raconté Vicky Constandinou, qui attendait patiemment qu’une équipe de sauvetage animal aille à la rescousse de ses deux chats.

À force d’insistance, les policiers ont fait sortir le chien de la famille samedi, mais Sheepa et Lucy sont restés prisonniers de la maison.

« Sincèrement, en ce moment même, si j’ai tout perdu, je veux juste ravoir mes animaux et toute ma famille avec moi, le reste on va gérer ça au jour le jour », a mentionné leur propriétaire.

Après plus de deux heures d’attente, les retrouvailles ont été émotives. Un des chats a même fait un saut dans l’eau lorsqu’il a entendu la porte s’ouvrir. Les secouristes, habitués des sauvetages nautiques et en espace clos, ont réussi à sortir les deux chats sains et saufs.

Jusqu’au coucher du soleil, les équipes de Sauvetage Animal Rescue ont effectué des dizaines d’aller-retour pour réunir les compagnons et leurs propriétaires.

« Les animaux de compagnies, ce sont des membres de la famille à part entière. C’est comme ça que tout le monde qui vient nous voir nous les décrit », a confié entre deux opérations de secours Eric Dussault, directeur de l’organisme.

Les nouvelles n’ont toutefois pas été heureuses pour tous. En début d’après-midi, trois décès d’animaux de compagnie avaient été constatés par les secouristes.

« Plus les heures avancent, plus on a des chances de malheureusement devoir annoncer de mauvaises nouvelles. Jusqu’à présent, on rapporte le décès d’un chat, d’un chien et d’un cochon d’Inde », a mentionné M. Dussault.