Évacuation majeure à Sainte-Marthe-sur-le-Lac après la rupture d'une digue

Le travail d’évacuation de la SQ se poursuivait dimanche matin, notamment avec des embarcations.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Le travail d’évacuation de la SQ se poursuivait dimanche matin, notamment avec des embarcations.

Après avoir été forcés d’évacuer leur domicile à la suite de la rupture d’une digue tard la veille, les sinistrés de Sainte-Marthe-sur-le-Lac tentaient dimanche de récupérer quelques biens dans leurs résidences désormais inondées.

« On décorait la maison pour la fête des enfants quand on a été obligés d’évacuer », raconte Jonathan Labelle. Vers 20 h 30, l’eau a commencé à monter sur la 18e avenue. En moins de deux heures, le sous-sol de la résidence était complètement submergé.

« C’est la première fois que ça nous arrive. En 2017, nous n’avions pas été touchés par les inondations », explique M. Labelle.

Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Jonathan Labelle fait partie des 5000 personnes qui ont été évacuées après qu’une digue ait cédé samedi soir sur l’heure du souper.

Samedi, plus de 5000 personnes ont été évacuées dans cette municipalité des Laurentides après qu’une digue ait cédé sur l’heure du souper.

Dimanche, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a précisé en point de presse que 1500 personnes additionnelles ont été évacuées par mesures « préventives ».

L’eau a monté si rapidement dans certains secteurs que certains propriétaires ont dû abandonner leurs animaux de compagnie.

« Je veux juste aller sortir mes animaux. On a un chat, un chien et un perroquet, on ne peut pas les laisser là-bas. On ne va pas rester là-bas, on est des adultes, on comprend les risques, on veut juste ramener les animaux », expliquait avec colère un sinistré aux policiers et pompiers.

L’homme a été choqué de s’être fait avertir qu’il pouvait se faire passer les menottes pour entrave s’il n’évacuait pas.

« Moi, ma job première, c’est ta sécurité. Si jamais tu tombes à l’eau ou que tu te blesses, c’est moi qui va venir te chercher, alors c’est pour ça que je t’explique que les ordres qu’on a, c’est que vous devez évacuer », tentait de lui expliquer le pompier.

Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Un homme qui souhaitait récupérer ses animaux de compagnie s'est fait avertir qu’il pouvait se faire passer les menottes pour entrave s’il n’évacuait pas.

Sauvetages in extremis

Dimanche matin, dans une cinquantaine de rues on pouvait apercevoir des voitures complètement submergées. L’eau a même atteint les fenêtres au rez-de-chaussée à certains endroits.

Il y a donc eu des sauvetages in extremis, selon le sergent Daniel Thibaudeau de la Sûreté du Québec (SQ), qui a reconnu que des vies ont été sauvées, sans rentrer dans les détails.

La SQ a eu recours à un véhicule amphibie pour pouvoir procéder rapidement à l’évacuation des gens. Le premier ministre François Legault a indiqué dans un gazouillis sur Twitter que des soldats de l’armée canadienne étaient aussi sur les lieux.

Le travail d’évacuation de la SQ se poursuivait dimanche matin, notamment avec des embarcations. Le service héliporté de la Sûreté du Québec avait aussi été mis à contribution.

Plus de 200 policiers étaient toujours sur place, notamment pour assurer la sécurité des lieux. Ils effectuaient aussi du porte-à-porte afin de s’assurer que tout le monde avait quitté leur résidence. Il n’y a pas eu de blessés et personne ne manquait à l’appel en matinée.

Les ordres d’évacuation obligatoire touchent aussi maintenant les résidents d’une centaine de rues à l’ouest de la 26e avenue du Domaine jusqu’à la rue Louise qui se trouve plus au sud. Le porte-à-porte des policiers peut toutefois s’y faire à pied.

Les sinistrés ont été dirigés vers l’aréna de Deux-Montagnes, dans la municipalité voisine, où de l’information, de l’hébergement et des services d’urgence sont offerts. Des bénévoles de la Croix-Rouge étaient sur place.

Avec La Presse canadienne