Un barrage dans les Basses-Laurentides sur le point de céder

Le barrage de la Chute-Bell se trouve à une quinzaine de kilomètres au nord de la rivière des Outaouais.
Photo: Google Maps Le barrage de la Chute-Bell se trouve à une quinzaine de kilomètres au nord de la rivière des Outaouais.

La Sûreté du Québec procède à l’évacuation d’urgence de quelque 250 citoyens menacés par la rupture d’un barrage dans les Basses-Laurentides.

Les autorités de sécurité publique ont lancé en milieu d’après-midi, jeudi, une alerte avisant tous les citoyens en aval du barrage de la Chute-Bell, sur la rivière Rouge, d’évacuer immédiatement.

 


Le barrage se trouve à une quinzaine de kilomètres au nord de la rivière des Outaouais et la rivière Rouge se jette elle-même dans la rivière des Outaouais, en amont du barrage Carillon.

L’alerte lancée par la sécurité publique presse les citoyens d’éviter de demeurer près de la rivière, dans la vallée ou les terres basses.

Elle vise les deux rives de la rivière Rouge jusqu’à la rivière des Outaouais.

Selon l’agent Daniel Thibaudeau de la Sûreté du Québec, 40 personnes avaient été évacuées à 19 h 30, jeudi. Les autres devront l’être au cours de la soirée.

Plusieurs dizaines de policiers ont été mobilisés pour mener ces opérations. Ils peuvent compter sur des véhicules tout terrain et des hélicoptères pour les aider. Une douzaine de personnes demeurant dans des endroits qui sont trop difficiles d’accès par la voie terrestre ont été transportées par la voie des airs.

Les citoyens évacués sont amenés dans un premier temps à la mairie de Grenville-sur-la Rouge. De là, ceux qui ne peuvent pas compter sur un hébergement sont acheminés vers l’aréna de Lachute, à une quarantaine de kilomètres.

La ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, a tenu un point de presse en début de soirée, à Montréal, pour rassurer la population sur le fait qu’il s’agit d’une mesure préventive.

Les policiers de la Sûreté du Québec effectuent du porte-à-porte dans la zone considérée à risque afin d’évacuer les gens qui se trouveraient dans les 23 résidences et 38 chalets du secteur.

Selon le directeur principal de la production et maintenance à Hydro-Québec, Simon Racicot, le barrage devrait être en mesure de contenir l’eau, mais le protocole exige que la société d’État avise la sécurité civile que le débit a dépassé le seuil millénial. Il s’agit du niveau considéré comme un maximum atteint une fois tous les 1000 ans.


Les autorités ont donc rapidement diffusé une alerte et enclenché le processus d’évacuation. « C’était la chose à faire parce que, comme je le dis depuis plusieurs jours, il n’y a aucun compromis à faire sur la sécurité de nos citoyens et aucun risque inutile », a commenté Mme Guilbault.

Quatre millions de mètres cubes

Une rupture de cette infrastructure créerait un apport d’eau massif dans la rivière des Outaouais et, par la suite, vers le Saint-Laurent, là où des inondations ont déjà frappé des milliers de citoyens.

Le barrage de la Chute-Bell est une infrastructure appartenant à Hydro-Québec.

Selon le site de la société d’État, il s’agit d’un ouvrage de béton de 19 mètres de haut et de près de 60 mètres de longueur dont la capacité de retenue est de 4 millions de mètres cubes d’eau.

Le réservoir créé derrière le barrage a une superficie de 70 hectares avec un bassin versant d’une superficie de 5440 kilomètres carrés.

L’infrastructure a été construite en 1942. La dernière évaluation de sécurité de l’ouvrage a été réalisée en 2011.