Gilbert Rozon demande un procès devant juge et jury

Le fondateur de Juste pour rire a été accusé de viol et d’attentat à la pudeur pour des gestes qu’il aurait commis il y a 39 ans, alors qu’il était âgé de 24 ans.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le fondateur de Juste pour rire a été accusé de viol et d’attentat à la pudeur pour des gestes qu’il aurait commis il y a 39 ans, alors qu’il était âgé de 24 ans.

Accusé de viol et d’attentat à la pudeur, l’ancien magnat de l’humour Gilbert Rozon subira son enquête préliminaire cet automne.

L’audience a été fixée au 12 novembre. Le fondateur de Juste pour rire devra dorénavant être présent lors des futures procédures au palais de justice de Montréal. Seule la victime alléguée, dont l’identité est protégée, sera entendue lors de l’enquête préliminaire.

« Le but de l’étape de l’enquête préliminaire, c’est qu’une preuve soit présentée au tribunal pour qu’un juge statue sur la suffisance de la preuve et qu’il détermine s’il y a matière à procès », a expliqué Me Bruno Ménard, procureur de la Couronne.

L’avocat de M. Rozon, Me Pierre Poupart, a demandé que la déclaration vidéo que la plaignante a faite à la police à l’automne 2017 soit diffusée. La femme sera ensuite contre-interrogée.

La victime alléguée ne fait pas partie des neuf femmes qui avaient raconté au Devoir ainsi qu’au 98,5 FM avoir été victimes de harcèlement et d’agressions sexuelles de la part de Gilbert Rozon dans la foulée du mouvement de dénonciation #MoiAussi.

Vague de dénonciations

En décembre dernier, après plus d’un an d’enquête, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) avait confirmé avoir examiné les dossiers de 14 présumées victimes du fondateur de Juste pour rire à la suite de la vague de dénonciations #MoiAussi.

Après trois jours à les rencontrer tour à tour, le DPCP avait annoncé à une seule d’entre elles que sa plainte était retenue.

Le fondateur de Juste pour rire a été accusé de viol et d’attentat à la pudeur pour des gestes qu’il aurait commis il y a 39 ans, alors qu’il était âgé de 24 ans. Selon l’acte d’accusation déposé en décembre dernier, les événements se seraient produits entre le 1er juin et le 21 septembre 1979 à Saint-Sauveur, dans les Laurentides.

Le producteur de 64 ans avait réagi aux accusations en décembre dernier dans une déclaration écrite en indiquant qu’il entend se défendre.

« J’ai appris […] le dépôt d’accusations à mon encontre concernant un dossier présumé datant d’il y a près de 40 ans. Je vais continuer à me défendre devant la justice et réserve tout commentaire pour cette instance », a-t-il écrit.

M. Rozon est également visé par une action collective intentée par les Courageuses, un groupe d’une vingtaine de présumées victimes. Celles-ci lui réclament 10 millions en dommages punitifs seulement.