Inondations : l’eau va monter plus longtemps et plus haut que prévu

Le nombre de citoyens touchés par la montée des eaux continue d’augmenter.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le nombre de citoyens touchés par la montée des eaux continue d’augmenter.

Les nouvelles ne sont guère réjouissantes pour les milliers de Québécois sinistrés par les inondations printanières. Les niveaux d’eau dans l’ensemble du corridor Gatineau — Montréal — Trois-Rivières continueront de monter plus longtemps que prévu et la descente s’annonce très longue.

Bien que les données gouvernementales pour mercredi montrent une baisse du nombre total de sinistrés, le nombre de citoyens touchés par la montée des eaux continue d’augmenter. Cette apparente contradiction est le résultat de la réintégration d’un très grand nombre de Beaucerons après le retrait de la rivière Chaudière, alors que leurs résidences ne sont plus calculées parmi celles qui sont inondées et qu’eux-mêmes ne se comptent plus parmi les personnes évacuées.

Or, parallèlement à ces retours, de nouveaux inondés s’ajoutent en Outaouais, dans les Laurentides, Lanaudière et en Mauricie, notamment, où la pluie et la fonte de neige et de glace sur les rivières provoquent de nouvelles crues plus vers le nord de ces régions.

Ainsi, les chiffres sont trompeurs, alors que l’on signale mercredi 515 personnes évacuées comparativement à 1377 en fin de journée mardi. Le nombre de résidences inondées, lui, est passé de 1941 à 1889, mais le nombre de résidences isolées — c’est-à-dire inaccessibles par les voies habituelles — a continué d’augmenter, passant de 1965 à 2068.

Nouveaux sinistrés

« La grosse différence, c’est dans les hautes Laurentides, en haute Lanaudière ; on a des rivières qui étaient sous couvert de glace qui ont commencé à fondre », a expliqué le porte-parole de la sécurité civile, Éric Houde, dans un entretien avec La Presse canadienne. « Il y a des endroits, comme la Chaudière, où il y a moins de personnes ou de résidences évacuées, mais ailleurs il y en a d’autres qui arrivent. Il y a des nouvelles municipalités avec des nouveaux résidants qui sont impactés par la crue. »

Puisque tous ces cours d’eau descendent vers le sud, ils représentent tous un nouvel apport d’eau dans les zones déjà inondées plus au sud dans le corridor de Gatineau jusqu’à Trois-Rivières. « La fonte dans toutes les montagnes à partir de l’Abitibi, du secteur du réservoir Baskatong qui se jette dans la rivière Gatineau qui, elle, se jette dans la rivière des Outaouais, les apports en eau additionnels commencent à se faire sentir dans toutes les basses terres de ces régions, le bas de l’Outaouais, Laurentides, Lanaudière, Mauricie. »

Gatineau-Montréal : « ça continue de monter »

Le répit n’est donc pas pour tout de suite dans le corridor entre Gatineau et l’archipel de Montréal où « ça continue à monter », dit-il. « Il y a de la pluie aujourd’hui (mercredi), demain on devrait voir un petit essoufflement. Il y a un autre épisode de pluie vendredi et il y en a un autre annoncé pour dimanche et lundi. Dépendamment de tout ça, dépendamment de la fonte, ça va rester haut longtemps », prévient M. Houde.

« Ç’a monté doucement, on va atteindre un certain plateau et après ça il va y avoir une descente à peu près à la même vitesse que la montée. »

Lac Saint-Pierre : plus haut, plus tard

Malheureusement pour les riverains du Lac Saint-Pierre, là ou le fleuve Saint-Laurent s’élargit entre les îles de Sorel et Trois-Rivières, les moments de crue maximum et de décrue ont été repoussés en raison de la météo.

« Ce sera un peu plus haut que prévu et un peu plus tard que prévu en termes de jours. La pluie et la fonte des neiges se font sentir plus que ce qui était prévu par les experts », a confié Éric Houde.

« La pointe est prévue aux environs du 28 avril (dimanche). Il devrait y avoir une bonne hausse de 7 ou 8 centimètres en fonction de la marée sur le Saint-Laurent. Et à partir du 28 jusqu’au 4 mai, on devrait redescendre de beaucoup », a-t-il ajouté.

L’Est du Québec : surveillance

Bien que l’Est du Québec n’ait pas encore subi de contrecoups majeurs, la couverture de neige y est abondante et la surveillance aigüe. « Dans le Bas-Saint-Laurent, le responsable nous dit qu’il y a des mouvements de glaces qui sont en train de se produire, mais présentement, au Saguenay et à Gaspé, par exemple, il neigeait (mercredi) matin.

La température est plus froide, la fonte est commencée, mais de manière normale. On surveille les systèmes de pluie et on verra l’impact », a rapporté M. Houde. « Le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie sont en état d’alerte, de veille, mais pour l’instant on n’est vraiment pas dans les mêmes niveaux que Laurentides-Lanaudière en termes d’impact. Même chose dans le secteur des montagnes dans la Capitale Nationale », a précisé Éric Houde, ajoutant que les secteurs de Charlevoix, de la Côte-Nord et du Saguenay, pour l’instant, ne rapportent pas d’inquiétudes importantes.

Chaudière : rétablissement pénible

Les municipalités le long de la rivière Chaudière, de loin les plus touchées, amorcent pour leur part la pénible tâche de remettre de l’ordre après le passage dévastateur de l’eau et des glaces. Bien que le nombre de personnes évacuées dans cette région soit passé de 851 à 56 entre mardi soir et mercredi après-midi, les sinistrés n’ont pas fini de subir les contrecoups des excès de Dame Nature.

Des bureaux du ministère de la Sécurité publique ouvriront leurs portes dès mercredi soir pour fournir l’assistance requise.

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La descente s’annonce très longue.