Des riverains se résignent à quitter leur maison à Rigaud

Daniel D’Amours peine à réaliser que le scénario de 2017 se répète. Cette année-là, sa résidence avait subi d’importants dommages, il craint que celle-ci ne résiste pas à la crue actuelle.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Daniel D’Amours peine à réaliser que le scénario de 2017 se répète. Cette année-là, sa résidence avait subi d’importants dommages, il craint que celle-ci ne résiste pas à la crue actuelle.

Des riverains de Rigaud se sont résolus dimanche à quitter leur résidence tandis que le niveau d’eau ne cesse de monter, ce qui rend plusieurs rues inaccessibles.

« Je ne peux pas attendre que ça monte comme en 2017. J’ai trop mal aux jambes, je ne suis plus capable de traverser avec mes bottes », mentionne Normand Bisaillon, rencontré par Le Devoir dimanche matin alors qu’il évacuait sa maison de la rue Céline. Une partie de la rue s’est retrouvée encerclée par l’eau, obligeant les sinistrés à utiliser une chaloupe ou des salopettes imperméables pour la traverser.

Daniel D’Amours, qui a bâti sa maison il y a une trentaine d’années, peine à réaliser que le même scénario se répète.

« Quand j’étais enfant, mon père avait un chalet ici. Jamais l’eau n’est montée comme dans les deux dernières années », assure-t-il.

En 2017, la résidence de M. D’Amours a subi d’importants dommages, il craint que celle-ci ne résiste pas à la présente crue.

« À moins d’un miracle, je pense qu’on ne pourra pas revenir », confie avec émotion le riverain. L’homme craint surtout de devoir passer l’été au motel, comme il y a deux ans.

« Ce n’est pas évident, parce que ce n’est pas ton chez-toi. On avait un petit frigo et un petit poêle, mais j’ai trouvé ça difficile, surtout que je travaille de nuit », mentionne-t-il. À l’aide d’une chaloupe, M. D’Amours s’est rendu une dernière fois à sa résidence pour y couper le courant.

Dimanche, l’eau continuait à inonder plusieurs rues de cette municipalité de Vaudreuil-Soulanges. Plus d’une vingtaine de résidences sont actuellement inondées et une cinquantaine isolées en raison des rues inaccessibles.

Le maire avait ordonné jeudi aux riverains d’évacuer les lieux. Il avait mis à la disposition des riverains du sable et des sacs, mais avait averti qu’aucune aide ne serait fournie par la Ville pour les remplir ou encore les livrer.