Les enfants astreints au siège d’appoint plus longtemps

Sans un siège rehausseur, la ceinture peut effectuer une forte pression au niveau du cou et de l’abdomen de l’enfant.
Photo: Getty Images Sans un siège rehausseur, la ceinture peut effectuer une forte pression au niveau du cou et de l’abdomen de l’enfant.

Fini les petits qui s’assoient comme des grands à l’arrière des voitures. Depuis jeudi, la période d’utilisation d’un siège d’appoint, communément appelé booster, est prolongée jusqu’à ce que les enfants aient 9 ans ou mesurent 145 cm (4 pieds 8 pouces).

Attention : il ne s’agit pas d’une simple recommandation, mais bien d’une modification inscrite au Code de la sécurité routière. En cas de non-respect, les automobilistes s’exposent à une amende allant de 80 $ à 100 $ et à un ajout de trois points d’inaptitude à leur dossier.

Le siège d’appoint est le troisième siège d’auto dans lequel un enfant s’assoit. Il sert à surélever les petits passagers qui pèsent au moins 40 livres pour que ceux-ci puissent s’attacher directement avec la ceinture de sécurité de la voiture.

La nouvelle mesure vise à s’assurer que la ceinture s’appuie sur la clavicule et le bassin des enfants. « Ce sont les os du corps qui sont les plus solides pour absorber des chocs en cas d’impact », explique Mario Vaillancourt, porte-parole de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Sans un siège rehausseur, la ceinture peut effectuer une forte pression au niveau du cou et de l’abdomen. « L’enfant peut alors subir des blessures importantes, entre autres à la colonne vertébrale et aux organes internes », souligne M. Vaillancourt.

Sursis d’un an

Auparavant, les enfants devaient demeurer dans un siège rehausseur jusqu’à ce qu’ils atteignent 63 cm en position assise. Une balise qui était généralement atteinte vers l’âge de 5 à 7 ans.

Mais depuis plusieurs années, les études scientifiques tendent à démontrer que le risque de blessures sérieuses peut être fortement diminué si les enfants restent assis plus longtemps dans leur siège rehausseur.

Mario Vaillancourt cite notamment une étude réalisée en 2011 aux États-Unis qui conclut « que les enfants âgés de 4 à 8 ans qui n’étaient pas dans un siège d’auto avaient 45 % plus de risques d’être blessés sérieusement que ceux qui étaient assis dans un siège d’appoint ».

Québec a donc modifié le Code de la sécurité routière en conséquence en 2018. « On a donné un an aux parents avant d’appliquer la nouvelle mesure », mentionne Mario Vaillancourt.

À l’automne dernier, tous les petits écoliers sont repartis à la maison avec un dépliant dans leur sac d’école expliquant la modification. Une initiative qui visait à informer les parents… mais qui aura aussi permis de conscientiser les enfants qui devront maintenant sagement s’astreindre aux nouvelles règles. Parce que voilà, certains enfants qui s’assoyaient déjà comme des grands devront maintenant retourner dans leur siège d’appoint. Un pas en arrière qui pourrait s’avérer périlleux dans certains cas.

Et même lorsque l’enfant aura atteint 9 ans, la SAAQ recommande qu’il continue de s’asseoir dans un siège rehausseur jusqu’à ce qu’il atteigne 145 cm, puisque les ceintures de sécurité sont conçues au Canada pour une personne faisant minimalement cette taille.

La SAAQ rappelle qu’en 2017, 1159 enfants de moins de 10 ans ont subi un accident de la route alors qu’ils étaient passagers d’un véhicule. Bon an mal an, environ la moitié des petits Québécois ne sont pas attachés correctement en voiture.

Or, selon la SAAQ, lorsqu’un siège d’auto est bien utilisé, il peut réduire jusqu’à 70 % les probabilités de décès ou de blessures graves chez les enfants.

Selon la SAAQ, huit provinces canadiennes et près d’une trentaine d’États américains imposent déjà aux enfants de demeurer en position surélevée jusqu’à ce qu’ils atteignent 145 cm.