Attentat au Métropolis: la SQ retrouve l’auteur de son rapport d’enquête

La SQ et le SPVM sont poursuivis par quatre employés du Métropolis pour les conséquences de la «sécurité défaillante» le soir de l’attentat contre la chef du PQ, Pauline Marois.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La SQ et le SPVM sont poursuivis par quatre employés du Métropolis pour les conséquences de la «sécurité défaillante» le soir de l’attentat contre la chef du PQ, Pauline Marois.

Après avoir avoué devant un tribunal ignorer qui a rédigé le rapport d’enquête sur l’attentat au Métropolis en 2012, la Sûreté du Québec (SQ) a finalement trouvé les mystérieux auteurs.

Le corps de police national, à qui un juge avait ordonné de trouver l’auteur du rapport avant le 29 mars, a finalement retrouvé les rédacteurs du document qui faisait la lumière sur les événements de septembre 2012, a-t-on confirmé au Devoir. Deux personnes ont collaboré pour la rédaction du rapport, et une troisième l’aurait approuvé.

La SQ refuse toutefois d’expliquer pourquoi elle avait égaré leur identité. « Puisque le dossier est devant les tribunaux, nous ne commenterons pas », s’est limitée à répondre la SQ.

Poursuivie au civil par quatre techniciens présents le soir de l’attentat, la SQ avait révélé en mars dernier qu’elle n’était pas en mesure d’identifier l’auteur du rapport d’enquête sur les attentats au Métropolis. Les quatre employés poursuivent la SQ et le Service de police de la Ville de Montréal pour près de 340 000 $ en dédommagement pour les conséquences de la « sécurité défaillante » le soir du drame.

« Pour que quelqu’un rédige un rapport, il faut qu’il ait parlé à quelqu’un. Ces gens-là n’ont parlé à personne ? » avait demandé le juge Pierre Nollet à l’avocate représentant la SQ.

« À la lecture des interrogatoires, ils ont répondu non », avait répondu Me Marie-Hélène Hébert.

Étonné de la réponse, le juge Nollet s’est alors interrogé sur la crédibilité du document. « Il ne manquerait juste que ce soit un faux rapport si personne n’a parlé à personne », avait-il laissé tomber.

À défaut d’identifier le rédacteur du document, le juge Pierre Nollet de la Cour supérieure avait ordonné à la SQ de fournir le meilleur témoin possible, y compris s’il y avait lieu l’ancien directeur général Mario Laprise, pour répondre aux questions portant sur la conduite de l’enquête menant à la rédaction du rapport.

« Aucun rapport ne se rédige de lui-même. Il est invraisemblable qu’on ignore qui est le rédacteur d’un rapport », avait noté le juge de la Cour supérieure Pierre Nollet.

Rappelons qu’en février 2013, le ministre de la Sécurité de l’époque, Stéphane Bergeron, tenait un point de presse concernant ce rapport qui concluait entre autres à des problèmes de communications qui avaient miné le travail des policiers lors de la soirée électorale du 4 septembre 2012 au Métropolis.