Le français en chiffres

Le taux de conformité de l’affichage de la marque de commerce est en hausse notable. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le taux de conformité de l’affichage de la marque de commerce est en hausse notable. 
À la maison
Le rapport rappelle que le poids démographique des francophones continue de diminuer au Québec. Entre 2011 et 2016, la proportion de personnes ayant le français comme seule langue maternelle est passée de 78 % à 77 %, tandis que celle des gens qui utilisant le français comme seule langue parlée le plus souvent à la maison est passé de 80 % à 79 %. Des écarts en apparence mineurs… mais qui se « révèlent importants » si l’on compare à la situation prévalant il y a 20 ans : près de quatre points de recul pour la langue maternelle, et trois points pour la langue la plus parlée à la maison.

Dans l’espace public
Globalement, 94 % des Québécois et des Québécoises disent pouvoir soutenir une conversation en français, alors que la proportion de la population qui s’estime bilingue est passée de 28 % en 1971 à 45 % en 2016. La proportion d’anglophones et d’allophones qui peuvent parler français ne cesse d’augmenter depuis 20 ans, se félicite l’OQLF. On observe autrement que « le français seul était moins utilisé dans l’espace public sur l’île de Montréal (58 %) que dans la couronne de Montréal (80 %) et le reste du Québec (87 %) ».

Au travail
Dans l’ensemble du Québec, 80 % des personnes utilisaient le plus souvent le français au travail en 2016, une baisse de deux points par rapport à 2011. C’est l’utilisation à égalité du français et de l’anglais au travail qui augmente le plus (de 10 % à 14 % sur l’île de Montréal). L’utilisation régulière de l’anglais est aussi en croissance (30 % en 2016). Globalement, si 60 % des Québécois ne parlaient que français au travail en 2011, ils étaient 56 % en 2016. Près du quart des immigrants (24 %) utilisent plutôt l’anglais que le français.

À l’école
Quelque 90 % des élèves du Québec (préscolaire, primaire et secondaire) étudiaient en français en 2015. Plus du quart (28 %) des élèves de langue maternelle anglais étudient en français, et 89 % de ceux qui ont une langue maternelle autre (ils étaient à peine 20 % au moment de l’adoption de la loi 101). Au collégial, l’étude souligne que l’attraction des collèges de langue anglaise chez les personnes ayant fait leur secondaire en français demeure : ils étaient 5 % à faire ce changement en 1993, contre 10 % en 2015.

Dans l’affichage public
Sujet de préoccupation récurrent sur l’île de Montréal, l’affichage public se fait de plus en plus en conformité des règlements… ce qui n’empêche qu’une part importante des commerces montréalais ne les respecte pas. Entre 2010 et 2017, le taux de conformité général est ainsi passé de 72 % à 78 %. Dit autrement, c’est donc un commerce sur cinq qui échoue au test — un taux qui monte à 33 % dans l’ouest de l’île. Le taux de conformité de l’affichage de la marque de commerce est en hausse notable (87 % en 2017, contre 73 % en 2010).

Dans les commerces
Le « bonjour-hi » pour accueillir les clients se propage : l’OQLF calcule que ce type d’accueil bilingue a doublé entre 2010 et 2017 (8 % des situations). Inversement, la proportion de commerces offrant un accueil uniquement en français est passée de 84 % à 75 %. Quelque 17 % des commerces accueillent leurs clients seulement en anglais au premier contact (une hausse de cinq points). Dans l’ouest de l’île de Montréal, le tiers des commerces disent seulement « hi ». Et que font les Québécois qui ne sont pas accueillis en français à Montréal ? Ils étaient 52 % à répondre en français l’an dernier. Un recul de 12 points en six ans…

En culture
En reprenant des données de l’Observatoire de la culture et des communications, l’OQLF note que s’il y a eu 50 % plus de représentations payantes de spectacles de chanson francophone qu’anglophone en 2017, ce sont les artistes de cette dernière catégorie qui ont néanmoins attiré plus de spectateurs (60 % de la masse). Et alors que les francophones (surtout les jeunes) consomment beaucoup de culture en anglais seulement, le contraire n’est pas vrai.

Chez les immigrants
Plus des deux tiers (68 %) de la population immigrante du Québec a une langue maternelle autre que le français ou l’anglais. À la maison, ils sont ainsi 39 % à parler le plus souvent une autre langue, alors que 33 % utilisent surtout le français, et 14 % l’anglais. Le rapport note également que les immigrants arrivés entre 2011 et 2016 sont proportionnellement quatre fois moins nombreux à utiliser principalement l’anglais à la maison que ceux arrivés avant 1981 (la Charte de la langue française a été adoptée en 1977).