La défense du droit à la parodie

Janick Murray-Hall, à gauche sur la photo, plaide pour la liberté d'expression.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Janick Murray-Hall, à gauche sur la photo, plaide pour la liberté d'expression.

L’objectif du « Journal de Mourréal » est de faire sourire ses lecteurs et non qu’ils le confondent avec Le Journal de Montréal pour en accaparer de l’achalandage afin d’en tirer profit, a soutenu mercredi un de ses cofondateurs.

« Le Journal de Mourréal est une parodie du Journal de Montréal,qui reproduit, de manière plus marquée et avec des méthodes outrancières, l’original, non pas avec l’intention de dénigrer ou de nuire, mais bien avec l’intention de produire un effet comique. C’est simplement ça », a fait valoir Janick Murray-Hall, qui a entamé mercredi sa défense au procès qui l’oppose à MédiaQMI.

Pour qu’on puisse considérer que quelque chose est une parodie, il faut que ça imite une oeuvre existante et qu’on y ajoute une intention humoristique 

Tandis que la filiale de Québecor Média lui réclame les revenus générés sur son site Internet satirique, M. Murray-Hall a assuré que les profits tirés du journaldemourreal.com sont modestes. Il a d’ailleurs déposé ses états financiers, qui révèlent que c’est son site anglophone World News Daily Report qui a été lucratif dans les dernières années. Les quatre derniers mois de l’année 2018, celui-ci a généré plus de 73 000 $, comparativement à quelque 1200 $ pour Le Journal de Mourréal.

« Je prends des risques parce que je suis une personne intègre. C’est un plaidoyer pour la liberté d’expression, pour la parodie et la satire. Si j’ai à en subir les conséquences, je les subirai », a-t-il fait valoir.

On a interrogé M. Murray-Hall sur des enregistrements de plusieurs entrevues accordées après que MédiaQMI eut déposé sa poursuite par l’avocat Me Marek Nitoslawski. Dans ceux-ci, M. Murray-Hall admettait que certains internautes confondaient ses nouvelles satiriques avec de véritables articles.

« On parle de confusion, mais il y a quelque chose qu’on semble complètement outrepasser depuis le début du procès, et c’est la notion de parodie. Pour qu’on puisse considérer que quelque chose est une parodie, il faut que ça imite une oeuvre existante et qu’on y ajoute une intention humoristique », a-t-il fait valoir. Le procès se poursuivra jeudi avec les plaidoiries finales.