Clinique de gynécologie de l’hôpital de Lachine: demande d’injonction refusée

Jusqu’au 1er avril dernier, la clinique était ouverte à raison de deux jours par mois et accueillait environ une soixantaine de patientes lors de ces deux journées.
Photo: Jean Gagnon CC Jusqu’au 1er avril dernier, la clinique était ouverte à raison de deux jours par mois et accueillait environ une soixantaine de patientes lors de ces deux journées.

Médecins et patientes de l’hôpital de Lachine à Montréal ont échoué dans leur tentative d’empêcher la fermeture de la clinique de gynécologie. Le Tribunal a rejeté mardi l’injonction réclamée par le groupe.

« Il est certain qu’un changement de cette nature peut entraîner des déceptions et des inquiétudes, mais il ne s’agit pas là de motifs suffisants pour justifier l’octroi d’une ordonnance d’injonction interlocutoire provisoire à ce stade », a conclu la juge Michèle Monast de la Cour supérieure du Québec.

Les docteurs Jacqueline Piché, Marie Bertrand et Paul Saba, ainsi que deux patientes, Linda Goedike et Chantal Couture, demandaient au Tribunal d’infirmer la décision prise par la direction de l’établissement hospitalier, qui est d’ailleurs le seul hôpital francophone de l’ouest de l’île de Montréal.

Jusqu’au 1er avril dernier, la clinique était ouverte à raison de deux jours par mois et accueillait environ une soixantaine de patientes lors de ces deux journées.

« Dans l’éventualité où [cette] demande ne serait pas accueillie, environ 2000 femmes de Lachine et Dorval se retrouveront sans gynécologue à partir du 1er avril », avait plaidé le groupe.

Or, lors des audiences qui se sont déroulées lundi, le Centre universitaire de santé McGill (CUSM), responsable de la clinique, a démontré qu’aucune patiente n’a été abandonnée, a indiqué la juge Monast.

« Les patientes qui avaient un rendez-vous de suivi au cours des trois prochains mois ont été contactées et avisées qu’elles seraient vues par un médecin à l’hôpital de LaSalle, et leur dossier a été transféré. Des appels ont été faits pour aviser les autres du transfert de service. De plus, des mesures seraient également étudiées actuellement pour faciliter le déplacement des patientes qui auraient des problèmes de mobilité », a-t-elle souligné dans son jugement.

Selon la juge, le préjudice appréhendé par les médecins et les patientes n’a pas été démontré.

« Différentes mesures ont été mises en place pour éviter un bris de service après la fermeture de la clinique de gynécologie de l’hôpital de Lachine et assurer le transfert des dossiers à l’hôpital de LaSalle », a-t-elle fait remarquer.

Le Dr Saba, qui préside le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de l’hôpital de Lachine, s’est dit déçu de la décision. Il a indiqué que le groupe étudiera la possibilité de faire appel.