Un geste de désespoir diffusé en direct secoue l’industrie du taxi

<p>L’industrie du taxi a annoncé la suspension de tout moyen de pression des chauffeurs, jusqu’à nouvel ordre.</p>
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne

L’industrie du taxi a annoncé la suspension de tout moyen de pression des chauffeurs, jusqu’à nouvel ordre.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a réagi vendredi à un incident dramatique survenu en direct à la télévision, alors qu’un propriétaire de permis de taxi a posé un geste de désespoir en ondes.

La vie de l’homme ne serait pas en danger.

« Les ambulanciers et les policiers du Service de police de la Ville de Québec se sont rapidement rendus sur les lieux et ont pris en charge l’individu qui a été transporté vers un centre hospitalier pour y recevoir les soins appropriés », a indiqué David Poitras, relationniste au SPVQ.

M. Bonnardel s’est dit « sincèrement bouleversé » par le geste de l’homme et « touché par les témoignages et les situations humaines rapportés dans les médias ».

« Tous les jours, je réitère l’importance de privilégier un dialogue ouvert afin d’assurer une transition harmonieuse et de pérenniser l’industrie traditionnelle du taxi. Des discussions ont toujours cours entre [les] représentants [de l’industrie] et le gouvernement du Québec, et se poursuivront dans les prochaines semaines. Laissons une chance à notre dialogue de réussir », a-t-il indiqué par communiqué.

Le communiqué précise que le ministre n’accordera aucune entrevue à ce sujet.

Pour Ruba Ghazal, députée de Québec solidaire responsable en matière de transition économique et écologique, l’événement de vendredi est la preuve que les chauffeurs de taxi vivent des moments de grande détresse et de désespoir.

« L’heure est à l’écoute et à l’empathie, a-t-elle déclaré par communiqué. Il faut enfin comprendre ce que ces gens-là nous disent depuis longtemps. »

L’industrie du taxi suspend ses moyens de pression

L’industrie du taxi a annoncé vendredi la suspension de tout moyen de pression des chauffeurs, jusqu’à nouvel ordre.

Les chauffeurs de taxi du Québec avaient été invités à offrir jusqu’à 19 h des courses gratuites à leurs clients pour protester contre la compétition qu’ils jugent déloyale de la multinationale Uber. Cette stratégie appelée « journée provinciale de dumping » cherchait à affecter les revenus du gouvernement, car il n’y aurait pas eu de perception de taxes et d’impôts.

Le Regroupement des intermédiaires de taxi du Québec (RITQ) avait annoncé que toutes les courses réparties par application mobile seraient gratuites jusqu’à un maximum de 20 $. Le taximètre n’aurait pas été activé. De plus, 10 % des courses réparties par la centrale d’appels auraient été gratuites, jusqu’à un maximum de 20 $.

L’industrie réclame le retrait du projet de loi 17 sur la déréglementation dans le monde du taxi.

Le RITQ a expliqué que la décision de suspendre les moyens de pression a été prise à la suite d’un « incident dramatique survenu en direct à la télévision, en début de matinée ».

Le RITQ précise que l’objectif de cette décision est de protéger les propriétaires et chauffeurs de taxi qui vivent une grande détresse psychologique.

« J’invite tous mes collègues qui vivent de la détresse, ou leurs proches, témoins de cette détresse, à trouver de l’aide », a déclaré en point de presse Abdallah Homsy, porte-parole du RITQ.

« Il est normal que vous perdiez le sommeil, il est normal que vous viviez de l’anxiété. Ne vous isolez pas. Nous sommes tous dans cette lutte-là ensemble », a-t-il ajouté.

M. Homsy était accompagné de la directrice générale du Centre de prévention du suicide de Québec, Lynda Poirier, qui a dit espérer recevoir un plus grand nombre d’appels dans les prochains jours.

« Si un événement ravive ou fait augmenter la détresse de quelqu’un, ce qu’on souhaite, c’est qu’il nous appelle, a-t-elle dit. Un événement en soi comme celui qui est arrivé ce matin ou par le passé, c’est sûr que ça va interpeller les gens. »