Le recteur de l’oratoire Saint-Joseph poignardé en pleine messe

Adèle Plamondon, une bénévole qui venait de terminer une lecture précédant celle de l’Évangile, a raconté ce qu’elle a vu.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Adèle Plamondon, une bénévole qui venait de terminer une lecture précédant celle de l’Évangile, a raconté ce qu’elle a vu.

L’agression de l’abbé Claude Grou en pleine messe vendredi matin à l’oratoire Saint-Joseph est un acte isolé, a confirmé le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). L’assaillant, un homme connu des policiers, devrait comparaître samedi.

« Il s’agit d’un acte isolé, rien n’a été revendiqué », a indiqué Caroline Chèvrefils, porte-parole du SPVM. Le suspect de 26 ans demeure détenu jusqu’à sa comparution. Les chefs d’accusation auxquels il fera face n’ont pas été dévoilés. Il n’a aucun lien connu avec des organisations criminelles, extrémistes, religieuses, politiques ou autre.

Vendredi, le père Grou a été agressé à l’arme blanche alors qu’il célébrait la messe de 8 h 30. Les images de l’attaque ont été diffusées sur le Web, puisque la messe est retransmise en direct. La bande vidéo montre un homme portant une casquette blanche et un long manteau noir s’avancer d’un pas rapide vers le choeur. L’assaillant sort une arme blanche et la pointe vers le prêtre, qui tente de s’enfuir. C’est à ce moment que le suspect semble poignarder à deux reprises l’abbé Grou. Les deux hommes tombent au sol, sous le regard paniqué de nombreux fidèles. L’assaillant serelève rapidement et reste sur place, tandis que le prêtre reçoit de l’aide.

À l’arrivée des policiers, le suspectn’aurait offert aucune résistance. L’homme, dont l’identité n’a pas été révélée, a été arrêté et emmené en centre de détention, où il devait être interrogé dans heures suivantes par les policiers.

Le prêtre a été blessé légèrement et a été transporté par les ambulanciers dans un centre hospitalier. On ne craint pas pour sa vie.

Scène violente

La scène violente s’est jouée devant une soixantaine de fidèles, qui étaient sous le choc après l’événement.

« Il est passé devant la balustrade d’un pas rapide […] Tout de suite enarrivant dans le choeur, il a levé son coupe-vent pour dégainer un gros couteau. Quand j’ai vu ça, je suis sortie en hurlant pour aller à la sacristie pour alerter la sécurité », a raconté Adèle Plamondon, une bénévole qui venait de terminer une lecture précédant celle de l’Évangile.

Un autre témoin, Philip Barrett, a confié avoir vu l’homme, assis durant la messe, « qui s’est levé et qui, vite, est allé devant, dans le sanctuaire, derrière l’autel où l’abbé Claude Grou était. Personne ne savait ce qui se passait exactement et j’ai vu que le prêtre bougeait un peu, loin de cette personne ».

À son retour dans le choeur, Mme Plamondon a rapporté que l’agresseur « était à terre et il y avait deux hommes qui étaient par-dessus lui. Il était calme. Je ne l’ai pas entendu crier, je ne l’ai pas entendu dire quoi que ce soit. Il avait juste une détermination. Il voulait faire vite pour aller attaquer le père Grou ».

Malgré cette agression, l’oratoire estdemeuré ouvert vendredi et les messes s’y poursuivaient, bien qu’avec des mesures de sécurité additionnelles et dans un autre espace que celui de la messe matinale, ce dernier étant fermé pour permettre aux policiers de mener leur enquête.

Selon la porte-parole de l’oratoire, Céline Barbeau, il s’agit de la première agression dans l’histoire de l’édifice emblématique, qui a ouvert ses portes en 1904.

Agression condamnée

Dans une déclaration écrite, l’Archevêque de Montréal, monseigneur Chistian Lépine, a lancé un appel au calme. « Nous sommes tous en état de choc devant un acte de violence qui se déroule chez nous dans un endroit dédié à la paix. Nous savons que les lieux de culte de différentes religions sont des cibles d’actes de violence. Nous voulons continuer sur des chemins de paix et d’amour, en croyant que l’on peut vaincre le mal par la prière et le bien », écrit-il.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a réagi à l’agression sur Twitter. « Quel geste horrible et inexcusable qui n’a aucunement sa place à Montréal. Je suis soulagée d’apprendre que la vie du père Claude Grou, recteur de [l’oratoire Saint-Joseph], est hors de danger et que son état est stable. Au nom de tous les Montréalais, je lui souhaite prompt rétablissement. »

Le premier ministre Justin Trudeau a qualifié d’« horrible » l’attaque à l’oratoire, ajoutant « Père Grou, les Canadiens pensent à vous et vous souhaitent un prompt rétablissement » dans un message également publié sur les réseaux sociaux.

Avec La Presse canadienne