Attentat au Métropolis: l’auteur du rapport d’enquête de la SQ recherché

Alors que Richard Henry Bain apprenait que la Cour d’appel refusait de réduire sa peine, la Sûreté du Québec a avoué ignorer qui avait rédigé le rapport d’enquête à la suite de la poursuite au civil de quatre techniciens présents au Métropolis lors de la soirée.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Alors que Richard Henry Bain apprenait que la Cour d’appel refusait de réduire sa peine, la Sûreté du Québec a avoué ignorer qui avait rédigé le rapport d’enquête à la suite de la poursuite au civil de quatre techniciens présents au Métropolis lors de la soirée.

Poursuivie au civil par quatre techniciens présents le soir de l’attentat au Métropolis en 2012, la Sûreté du Québec (SQ) a récemment avoué ignorer qui a rédigé le rapport d’enquête qui faisait la lumière sur les événements.

« Aucun rapport ne se rédige de lui-même. Il est invraisemblable qu’on ignore le rédacteur d’un rapport dont le ministre de l’époque disait avoir pris connaissance et à partir duquel on aurait apporté des correctifs », a noté le juge de la Cour supérieure Pierre Nollet.

Cette révélation est survenue à la suite d’une requête des avocats des quatre employés qui poursuivent la SQ et le Service de police de la Ville de Montréal pour près de 340 000 $ en dédommagement pour les conséquences de la « sécurité défaillante » le soir du drame.

 
29 mars
Date limite donnée par le Tribunal pour que la SQ trouve l’auteur du rapport

« Jamais je n’aurai cru qu’on se serait rendu-là pour le nom d’un rédacteur », a souligné Me Virginie Dufresne-Lemire.

Encore plus troublant, les personnes présentes le soir de l’attentat n’auraient d’ailleurs pas été interrogées pour la confection du rapport.

« Pour que quelqu’un rédige un rapport, il faut qu’il ait parlé à quelqu’un. Ces gens-là n’ont parlé à personne ? », a demandé le juge Nollet à l’avocate représentant la SQ.

« À la lecture des interrogatoires, ils ont répondu non », a répondu Me Marie-Hélène Hébert.

Étonné de la réponse, le juge Nollet s’est alors interrogé sur la crédibilité du document. L’avocate de la SQ a d’ailleurs admis que sans signature, « ce rapport n’a aucune force probante ».

« Il ne manquerait juste que ce soit un faux rapport si personne n’a parlé à personne », a-t-il laissé tomber.

Le Tribunal a ordonné à la SQ de trouver le mystérieux auteur du rapport d’ici le 29 mars.

À défaut d’identifier le rédacteur du document, la SQ devra fournir le meilleur témoin possible, y compris s’il y a lieu l’ancien directeur général Mario Laprise, pour répondre aux questions portant sur la conduite de l’enquête menant et la rédaction du rapport.

Rappelons qu’en février 2013, le ministre de la Sécurité de l’époque, Stéphane Bergeron, tenait un point de presse concernant ce rapport qui concluait entre autres à des problèmes de communications qui avaient miné le travail des policiers lors de la soirée électorale du 4 septembre 2012 au Métropolis.


La Cour d’appel refuse de réduire la peine de Richard Henry Bain

L’auteur de l’attentat du Métropolis Richard Henry Bain devra attendre 20 ans avant de pouvoir demander une libération conditionnelle, a tranché mercredi la Cour d’appel du Québec.

Dans une décision unanime, cinq juges du plus haut tribunal de la province ont décidé de maintenir la décision rendue par le juge Guy Cournoyer en novembre 2016.

Condamné à la prison à vie, l’homme de 68 ans souhaitait voir réduire la période d’inéligibilité à la libération conditionnelle de 20 à 10 ans. M. Bain ne sera donc admissible à la libération conditionnelle qu’en 2032.

M. Bain a été reconnu coupable du meurtre non prémédité de Denis Blanchette, abattu le 4 septembre 2012 au Métropolis à Montréal. Il a également été reconnu coupable de trois tentatives de meurtre, dont celle de Dave Courage, un technicien et collègue de M. Blanchette, grièvement blessé lors de cette même soirée électorale.

L’attentat a été perpétré en pleine soirée électorale, alors que 2000 militants étaient réunis dans cette salle de spectacle pour fêter la victoire du Parti québécois. Peu avant minuit, M. Bain s’était approché de l’entrée des artistes à l’arrière de la salle de spectacle.

L’avocat de M. Bain, Me Allan Guttman, s’est dit déçu de la décision. « Ce n’est pas le résultat que je souhaitais, mais je respecte la décision », a commenté Me Guttman. Il a indiqué qu’il étudiera la possibilité de s’adresser à la Cour suprême du Canada.