Montréal exprime sa solidarité envers les victimes de Christchurch

Un rassemblement en hommage aux victimes de l'attentat de Christchurch a lieu dimanche, à Montréal. 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Un rassemblement en hommage aux victimes de l'attentat de Christchurch a lieu dimanche, à Montréal. 

Réunis au square Victoria pour rendre hommage aux 50 musulmans tués vendredi en Nouvelle-Zélande, quelques centaines de Montréalais ont dénoncé, dimanche après-midi, la montée de l’intolérance, et plus particulièrement la hausse des discours haineux qui abreuvent les tueurs.

« Il y a plusieurs politiciens et journalistes qui bâtissent leur réputation [en misant] sur la haine et l’islamophobie. Ils ne sont pas loin, ils sont parmi nous et ils sont coupables par association », a lancé à la foule Alladin Abou Sharbin, l’un des organisateurs du rassemblement.

« Les mots peuvent être dangereux », a enchaîné l’imam Hassan Guillet. « Les journalistes qui ne surveillent pas leurs mots ont du sang sur les mains, les politiciens qui ne veulent pas prendre leurs responsabilités [en faisant des gestes pour lutter contre l’islamophobie] ont du sang sur les mains », a-t-il clamé.

Présente au rassemblement, la mairesse Valérie Plante a annoncé qu’une surveillance policière accrue sera déployée autour des mosquées de la métropole. Les drapeaux ont été mis en berne à l’hôtel de ville de Montréal, dimanche soir, et les lumières de l’édifice ont été éteintes en solidarité avec les victimes de la tuerie de Christchurch.

En Nouvelle-Zélande, tout comme en Australie, au Koweït et au Pakistan, entre autres, l’heure était également au recueillement dimanche. À Christchurch, des montagnes de fleurs et de mots de sympathie sont apparus près des deux mosquées prises pour cible, vendredi, par un suprémaciste blanc.

La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, qui a fait deux apparitions publiques, un voile noir sur ses cheveux, a annoncé dimanche que les premières dépouilles seraient restituées dimanche soir, et les dernières d’ici mercredi. Des dizaines de tombes étaient en cours de préparation lundi matin au cimetière de Christchurch.

Les 50 victimes sont âgées de 3 à 77 ans. Trente-quatre blessés demeurent hospitalisés.

Dans tout le pays, un élan de solidarité a été observé, avec notamment des millions de dollars de dons et des achats de nourriture destinés aux victimes.

Depuis le drame, plusieurs actes d’héroïsme sont ressortis dans les médias. Abdul Aziz, un Australien d’origine afghane, se trouvait à la mosquée de Linwood avec ses quatre enfants lorsque le tireur y a fait irruption.

L’homme s’est emparé d’un fusil vide laissé par le tueur en lui criant plusieurs fois « Viens par ici ! » dans le but de l’éloigner de la mosquée. « Je voulais juste sauver autant de vies que possible, quitte à perdre la mienne », a-t-il dit à l’AFP.

Abdul Aziz a continué à poursuivre le tireur qui s’enfuyait en voiture avant que celui-ci soit interpellé par les policiers.

Avec l'Agence France-Presse

Des perquisitions en Australie

La police antiterroriste australienne a annoncé avoir perquisitionné lundi matin deux habitations relativement à l’attentat contre les deux mosquées. Ces habitations se trouvent dans l’État de Nouvelle-Galles-du-Sud, dans les villes de Sandy Beach et de Lawrence. Elles sont situées près de Grafton, là où le suspect, Brenton Tarrant, un Australien de 28 ans, a grandi, même s’il a passé les dix dernières années à l’étranger. « L’objectif premier est d’obtenir formellement des éléments pouvant aider la police néo-zélandaise dans son enquête », a expliqué la police australienne dans un communiqué. Elle n’a pas fourni plus de précision sur ce qui l’avait amenée là ni ce qu’elle espérait y trouver. Selon la police australienne, la famille du suspect, qui a été officiellement inculpé pour meurtre samedi, « continue d’aider la police dans ses recherches », et rien ne laisse craindre « une menace actuelle ou imminente ». Agence France-Presse