«Trafic»: jeunes filles à vendre

Photo: iStock Le portrait glaçant livré par la réalisatrice Catherine Proulx et la productrice Karine Dubois n’est pas un mauvais scénario de film, mais l’écho d’une réalité brutale vécue au quotidien.

Documentaire Web bientôt décliné en plusieurs capsules vidéo et balados sur Télé-Québec, Trafic explore de façon inédite la réalité glauque de la prostitution juvénile au Québec. Une enquête qui donne des frissons.

Des proxénètes qui touchent plus à exploiter des mineures qu’à vendre de la drogue, des adolescentes de 15 ans livrées au trafic humain dans des motels miteux : tout cela pour répondre à la demande croissante de clients, avides de filles de plus en plus jeunes…

Ce portrait glaçant, livré par la réalisatrice Catherine Proulx et la productrice Karine Dubois, n’est pas un mauvais scénario de film, mais l’écho d’une réalité brutale vécue au quotidien, notamment en périphérie de Montréal et de Québec, broyant au passage la vie de centaines de jeunes femmes.

Préoccupées par l’émergence de cette forme de prostitution, les deux femmes ont tenté de mettre le doigt sur l’autre versant de ce phénomène troublant, celui de l’appétit pour des prostituées n’ayant même pas l’âge légal de poser leurs fesses dans un bar. « Ça ne me rentrait pas dans la tête que des gars paient pour coucher avec des adolescentes. Je voulais savoir, c’est qui ce gars-là ? » tonne Catherine Proulx, réalisatrice et mère d’une fillette de 11 ans, ébranlée par ce qu’elle a découvert.

Collaboratrice à la très populaire série documentaire 24/7 à Télé-Québec, réalisée dans les coulisses du milieu hospitalier, Catherine Proulx, appuyée par sa productrice, a donc fait le choix de partir sur la piste du visage caché de la prostitution juvénile. Celui du client anonyme, bougie d’allumage de ce honteux mais lucratif commerce de la chair. « On parle toujours des filles, de les protéger, mais on ne se penche jamais sur ceux qui génèrent ce trafic », se désole Catherine Proulx. Sans clients, plus de trafic. Or, clients, il y a. En quantité.

Le chaînon manquant

Pour retrouver ce chaînon manquant, elles ont interrogé ex-proxénètes, experts et intervenants en centre jeunesse qui décrivent ces fameux « clients » et la spirale infernale dans laquelle sont entraînées des mineures, recrutées dans les cours d’école, les centres commerciaux, les parcs d’attractions. Certains commentaires recueillis donnent froid dans le dos.

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le tandem Catherine Proulx et Karine Dubois

« Montréal, c’est le plateau tournant, le “club-école”. Il y a tellement de sites où tu peux commander une fille très jeune. Les clients, les filles mineures, c’est ça qu’ils aiment », affirme un ex-proxénète dans un des podcasts de la série. À « 22, 23 ans, elles commencent à avoir trop de kilométrage », dit-il froidement.

Avec la complicité d’un ex-collecteur d’un réseau de traite, la quête de « monsieur Tout-le-Monde » avide de sexe avec des mineurs a mené la réalisatrice à sillonner en voiture les abords de motels miteux en banlieue. « Des BM [BMW] stationnées le matin devant un hôtel à 60 $, où tu ne voudrais même pas entrer, c’est ça. Ça commence à 6 heures le matin, pis ça n’arrête pas. Il y a des filles de 14-15 ans qui trottent partout. C’est la réalité », raconte cet informateur anonyme dans un épisode.

Des jeunes filles passées par là acquiescent. « Plus t’es nouvelle, moins tu as d’expérience, plus ça excite les clients », affirme la propriétaire d’un bar de danseuses.

Une mine d’or

Et comme la peau juvénile vaut son pesant d’or, l’attrait pour la traite de mineures explose littéralement dans la région métropolitaine, acquiesce le lieutenant Dominic Monchamp, responsable de la lutte contre le proxénétisme. « La demande est épeurante », raconte-t-il dans un des balados. « Une annonce [de mineures] peut générer immédiatement 300 messages. Dans la minute. Le client ? Pas d’âge, pas de profil particulier. Marié, célibataire, jeune, vieux, père de famille, alouette », dit le policier.

« Ce qui est affolant, c’est qu’il n’y a pas de profil type, c’est monsieur Tout-le-Monde. Ce ne sont pas des pédophiles, ce sont des hommes pour qui l’idéal de beauté est un corps d’adolescente », se désole Catherine Proulx.

Mais d’où viennent toutes ces filles, bradées à haut prix ?

L’enquête, habilement menée, nous mène dans les bureaux de travailleurs sociaux qui affirment que le recrutement se fait dès le milieu scolaire. « C’est plus sécuritaire d’aller vendre une fille que de la drogue. Au secondaire, tout le monde connaît un contact pour faire de la prostitution », dit-il.

« Ça ne concerne pas juste les jeunes fugueuses. Il y a des filles qui recrutent dans les écoles privées des “filles de bonne famille”. La prostitution est banalisée, même valorisée dans certains milieux », ajoute Karine Dubois. Le piège est facile et les proxénètes déploient des méthodes éprouvées. Ils sondent les réseaux sociaux à la recherche de filles qui s’exposent en bikini, dans leur salle de bain, visiblement en quête d’attention. « J’ai commencé à 15 ans. Ce qui m’attirait ? L’argent », avoue une jeune « ex-mineure prostituée » dans un épisode.

Devenir proxénète

Dans un des portraits vidéo, les aveux d’un ex-pimp, «entraîné » au métier dès l’âge de 14 ans, font dresser les cheveux sur la tête. « Ce n’est pas n’importe quelle femme qui accepte ça, qui se laisse briser, mais si elle accepte, tu viens de pogner le jackpot », déclare-t-il tout bonnement. La ruse : trouver des filles « perdues, faciles à manipuler ».

« Il faut trouver comment exploiter son point faible. Je suis comme un lion dans le troupeau, [je vais] vers celui qui est faible. » Comment peut-on accepter de devenir un proxénète, un exploiteur ? « Cette game-là, c’est un cercle vicieux. Quand l’argent commence à rentrer […] c’est la drogue la plus puissante… »

Bref, ce survol réussit en six balados et trois portraits vidéo à livrer un tableau cru et saisissant d’une réalité trop souvent ignorée. Les deux premiers épisodes seront disponibles dès le mardi 19 mars sur le site de Télé-Québec et la page Facebook de Trafic, suivis des autres les 26 mars et 2 avril.

Deux femmes en colère

Le tandem Catherine Proulx et Karine Dubois n’en est pas à ses premières armes avec le documentaire social. Mais avec Trafic, elles avouent avoir livré le plus « confrontant » de tous leurs documentaires à ce jour.

« La notion de traite humaine, c’est vraiment troublant. Surtout quand on réalise qu’au fond, tout cela tient au fait que des adultes sont prêts à détruire la vie de jeunes pour répondre à leurs pulsions sexuelles. C’est absurde », affirme Karine Dubois, complice de longue date de la réalisatrice. Grâce aux liens créés auprès d’intervenants de centres jeunesse, l’équipe a pu contacter des proxénètes pour retrouver des clients. La forme audio de la série, réalisée sur le terrain, s’est rapidement imposée en cour de route, l’anonymat permettant de délier facilement les langues et de lever les filtres dans ce milieu interlope. En fait, tous ceux qui ont accepté de parler, aujourd’hui « sortis » de la prostitution, l’ont fait pour briser le cycle de l’indifférence et sensibiliser le public à l’égard de ce trafic tentaculaire.

D’emblée, les deux femmes espèrent que les capsules vidéo, aux images très « vidéoclip » permettront de toucher un public plus jeune. « On ne veut pas prêcher des convertis avec notre documentaire, c’est pourquoi on a ajouté trois capsules vidéo qui voyageront sur les réseaux sociaux. Notre vidéo pilote est allée chercher 250 000 vues. Notre but, c’est de “scorer” dans la talle des jeunes », insiste Karine Dubois.

Mais jeune ou pas, audio ou vidéo, la série ira toucher un point sensible chez tous les publics, estiment les deux complices. « Quand on réalise que le client, c’est un peu n’importe qui, pas des délinquants ou des fous, on se dit qu’il y a un déni généralisé, que c’est un problème social. Ça se passe partout autour de nous », enchaîne Catherine Proulx.

Pour les deux femmes, la solution à cette plaie passe notamment par l’éducation à la sexualité dès l’enfance et la sensibilisation aux relations égalitaires entre homme et femme. « On sait qu’on ne va pas régler le problème avec notre documentaire. Mais il faut changer l’acceptabilité sociale face à la traite des jeunes femmes, et aussi, une fois pour toutes, s’attaquer à la source du problème, qui est le client. »

Trafic

Documentaire Web. Réalisatrice : Catherine Proulx. Collaboration : Arnaud Bousquet. Productrice : Karine Dubois.

12 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 15 mars 2019 04 h 07

    de belles jeunes filles a venre aux plus offrants

    plus ca change plus c'est pareille n'est ce pas le premier échelon du monde interloppe, des belles jeunes filles pour renoubveller l'attrait de certains trafics,ne sont-elles pas les informatrices préférées de la police, enfin, le monde est ainsi fait

  • Jean Thibaudeau - Abonné 15 mars 2019 04 h 07

    Pendant ce temps, les intersectorielles de la FFQ défendent l'idée de respecter les droits des "travailleuses du sexe" qui le font par "choix"... Ça fait partie de leur définition du "féminisme"...

    • Cécile Comeau - Abonnée 15 mars 2019 16 h 58

      Il y a longtemps que la FFQ ne représente plus la majorité des femmes du Québec. À part QS et les inconditionnelles du multiculturalisme débridé, il n'y a plus grand monde qui veut se faire associer comme adepte de cette organisation détournée de ses objectifs initiaux.

    • Michel Belley - Abonné 15 mars 2019 17 h 02

      Et, pour une fois, je suis d’accord avec la FFQ. Notre société tente de s’inviter dans la vie sexuelle des gens comme au temps jadis, lorsqu’on lapidait la femme adultère, qu’on tuait l’homosexuel et qu’on mariait les jeunes filles aussitôt qu’elles avaient un petit copain. Aujourd’hui, l’adultère et l’homosexualité ne sont plus condamnées par la loi. Il serait temps qu’on fasse la même chose avec les relations sexuelles consenties contre de l’argent. C’est à la coercition et au trafic d’esclaves qu’on doit s’attaquer.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 16 mars 2019 10 h 06

      C'est assez paradoxal en effet...mais comme le dit bien Mme Comeau, la FFQ ne représente plus la majorité des femmes du Québec...

  • Michel Belley - Abonné 15 mars 2019 06 h 57

    La source du problème

    Certaines enquêtes soutiennent que 30 % des hommes ont des tendances pédophiles. Dans certains pays, les jeunes femmes sont mariées dès l’âge de 12 ans, ou dès qu’elles ont leurs premières menstruations, ceci dans le but de limiter le nombre de filles-mères qui vivront dans la misère parce que non mariées et non mariables. Ce n’est heureusement plus le cas dans les pays développés.

    L’attirance des hommes envers les jeunes femmes est possiblement inscrite dans nos gènes, puisqu’elle semble bien être présente dans toutes les cultures. Et le développement de la sexualité chez les jeunes filles peut en pousser plusieurs dans les bras d’hommes plus âgés, qu’ils soient proxénètes ou non. Alors, si vous vous attaquez à la source du problème, il va probablement falloir s’attaquer à la génétique et aux attirances sexuelles. Et, comme on ne peut pas s’attaquer à la génétique, il faut se concentrer sur l’attirance sexuelle.

    Un facteur qui n’aide certainement pas, c’est la mode actuelle qui présente les jeunes femmes comme attirantes si elles sont glabres et minces comme les préadolescentes. La mode vestimentaire, promue par un milieu majoritairement homosexuel, présente aussi des mannequins maigres qui n’ont presque pas de poitrine, et qui ressemblent à de jeunes adolescents. L’élimination de cette mode pourrait améliorer les choses, en rendant plus mature la femme idéale fantasmée par les hommes. Si vous voulez agir, agissez sur la mode et le cinéma.

    Évitons aussi de rendre trop attirantes les adolescentes par le maquillage et les vêtements sexys, et éduquons ces jeunes filles pour qu’elles n’aient pas l’air de prostituées en quête de clients. Sinon, peu importe ce que vous ferez pour tenter de désensibiliser les hommes face aux charmes de ces jeunes filles, ça ne fonctionnera pas si elles affichent des signaux de disponibilité sexuelle (talons hauts, rouge à lèvres flashant, décolleté, jupes courtes, etc.).

    Finalement, mettez-vous à l’écoute des hommes, qui vous diront ce qu’ils pensent et ce qui les attire, au lieu de les culpabiliser pour un comportement amplifié par la mode actuelle.

    Et, pour répondre à Mme Boily, il faut établir un dialogue entre les hommes et les femmes, et non pas écouter seulement les porte-parole féministes. De plus, dans le cas précis de cet article, il faudrait avoir l’opinion de ces jeunes filles qui se prostituent. Doit-on les condamner, ainsi que leurs clients, pour des relations sexuelles consenties contre rémunération ? Vous allez soulever le point qu’elles sont mineures, mais la question demeure. Jusqu’à quel point sont-elles consentantes ? De plus, doit-on condamner les clients, ou les proxénètes ? Si ces derniers utilisent des moyens de coercition ou de la drogue, ce sont eux qui devraient aller en prison, et pour longtemps !

    • Hélène Boily - Abonnée 15 mars 2019 10 h 58

      Il faut aussi éduquer les hommes à utiliser plus que leur cerveau reptilien. Finalement, messieurs, mettez-vous l'écoute dui respect des femmes et de la loi.

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 15 mars 2019 12 h 17

    Triste à mourir...

    de ce que notre société, dite "moderne et branchée", a... re-créé/ré-inventé...en fait de monstre . Ce monstre qui se nourrit et dévore nos "petites-filles" ...n'est, ni plus ni moins, le legs d'une "misogynie universelle" et d'un "ultra -libéralisme", appelé aussi "économie de marché"....(sic) Ce qui veut dire que, "nos filles et petites-filles" sont vendues ou louées... avec "appel d'offre" et comme "bétail frais"... à tout misogyne-et-crétin qui en fait son menu du jour! Alors que des boucliers se lèvent de partout aujourd'hui pour protéger le bétail animal de la maltraitance humaine...où en sommes-nous comme société pour protéger "nos enfants" de la maltraitance d'une économie-de-marché ultra libérale et des misogynes-crétinistes .

    Le monde virtuel,(celui des créateurs) est aussi à blâmer. Le monde virtuel, (celui des usagers) qui "surfe" sur ces réseaux à deux têtes: techno et addicto, a du pain sur la planche pour remettre les pendules à l'heure ... Car là carburent à l'hyper-sexualité-débridée... les débiles,crétins, mysogines de tous genres.

    L' "irresponsabilité" des uns: les créateurs et, "l'irresponsabilité" des autres : les usagers, sont aussi et autant coupables, l'un et l'autre de:"... non assistance à personne en danger. "
    Nos valeurs et nos moeurs volent bas...de plus en plus bas.

    • Clermont Domingue - Abonné 15 mars 2019 21 h 54

      Il est intéressant de comparer le point de vue de monsieur Belley avec le vôtre.

      Des mères achètent la pilule pour leur fille de quinze ans. Qu'en pensez-vous?

      Une jeune fille, à l'abri d'une grossesse, est-elle libre et responsable quand elle baise pour de l'argent?

      La liberté et la responsabilité est-ce que ça commence à dix-huit ans?

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 16 mars 2019 12 h 18

      @ CD "Des mères achètent la pilule pour leurs filles de quinze ans. Quen pensez-vous?"
      Ce que j'en pense: Une jeune fille menstruée peut avoir des règles très douloureuses ...et la pilule anti-conceptionnelle sert ainsi à alléger ces malaises mensuels .Pas facile d'être...femme à 12 -13 ans.
      J'imagine que vos parents ou vos soeurs ne vous en ont jamais parlé...si vous posez la question.

      Que peut-être des mères achètent la paix d'esprit... avec la pilule! Mais les pères sont... où dans le décor ?

      Pour le suite de vos questions...La responsabilité est une valeur qui vient avec l'éducation .
      St-Exupéry l'a si bien écrit: «Tu es responsable de ce que tu apprivoises».
      La liberté ne s'enseigne pas...on la prend. De quelle liberté parlez-vous?...Finalement, la liberté c'est un choix: yin et yang.

    • Clermont Domingue - Abonné 16 mars 2019 20 h 27

      @ madame Sévigny. Pour moi, la liberté, c'est la CAPACITÉ de choisir. Je crois que beaucoup de personnes ne sont pas libres. Quant à la responsabilité, pour moi, c'est le fait d'assumer ses choix dans leurs conséquences pour soi-même et surtout pour ceux et celles qui dépendent de vous.
      Sans la liberté, la responsabilité est handicapée. Sans la responsabilité c'est la personne qui est handicapée.
      Dans notre monde de plus en plus complexe, les handicapés sont nombreux. Heureusement, la sociale- démocratie supplée pour les besoins de base,mais elle ne peut remplacer les relations interpersonnelles.
      La vie est une chaîne de relations entre les humains, Au début de la vie, nous n'avons que des besoins. Il en est de même à la fin. Répondre aux besoins des enfants et des vieillards est un devoir pour les individus valides. C'est leur responsabilité: responsabilité parentale, responsabilité filiale et responsabilité sociale.
      Quand vous êtes incapable de répondre par vous-même à vos besoins, votre liberté est très réduite et on ne peut pas vous demander d'être responsable.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 15 mars 2019 19 h 46

    «Certaines enquêtes soutiennent que 30 % des hommes ont des tendances pédophiles.» (Michel Belley)

    La pédophilie a le dos large; aujourd'hui en Amérique du Nord, on qualifie de pédophile l'homme qui trouve jolie une fille de dix-huit ans.

    En Suisse la prostitution est légale et permise dès l'âge de seize ans.

    Au Canada, nos plus récentes lois n'ont pas mis fin à la prostitution; elles ont simplement mis fin à l'exercice de la prostitution au grand jour.

    Ce faisant, grâce aux lois qu'elles ont réussi à faire adopter, nos Ligues de la vertu ont poussé les plus jolies prostituées dans les bras du crime organisé, tandis que les plus laides pratiquent dorénavant au fond des ruelles.

    Par exemple ici à Trois-Rivières, les femmes ne s'annoncent plus directement dans le Nouvelliste ou dans l'hebdo local, les annonces de sites de rencontres téléphoniques ont pris le relais. Et elles n'arpentent plus les abords du terminus d'autobus, par contre on les retrouve à l'intérieur de deux bars à vocation particulière ainsi que dans un centre de massage.

    Dorénavant au Canada, seul le crime organisé offre la structure nécessaire à la prostituée pour exercer sa pratique.

    Il est peine perdue de tenter d'aborder le sujet du consentement avec les bien-pensants, lesquels se persuadent que l'on ne peut moralement considérer les fesses comme une force de travail au même titre que les muscles de l'ouvrier.

    C'est l'expression même d'une morale judéo-chrétienne sous-jacente, comme si le bon dieu avait confié à Satan le soin de parachever l'homme* entre le nombril et les genoux … (C'est une formulation tirée du «Serpent à plumes» de D. H. Lawrence)

    *Sens générique du terme… ce qui va de soi chez ceux qui ne méconnaissent pas la langue.