Deux autres policiers de la SQ affectés à des tâches administratives

La Sûreté du Québec s’est refusée à tout commentaire sur l'enquête du BEI.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La Sûreté du Québec s’est refusée à tout commentaire sur l'enquête du BEI.

En plus de la suspension provisoire du directeur général de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, deux policiers de la SQ ont été affectés à des tâches administratives, le temps que le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) fasse la lumière sur les fuites médiatiques à l’UPAC et l’arrestation du député Guy Ouellette.

Les deux policiers en question sont André Boulanger et Caroline Grenier-Lafontaine. M. Boulanger a été directeur des opérations de l’Unité permanente anticorruption sous le commissaire Robert Lafrenière, avant de démissionner en avril 2018. Il est ensuite retourné à la SQ. Mme Grenier-Lafontaine a quant à elle été partie prenante de l’enquête menant à l’arrestation de Guy Ouellette, en octobre 2017. La raison exacte de leur mutation à des tâches administratives demeure mystérieuse.

La Sûreté du Québec s’est refusée à tout commentaire sur le dossier, jeudi. Tout comme le cabinet de la ministre de la Sécurité publique et le Bureau des enquêtes indépendantes.

Mercredi, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a annoncé que Martin Prud’homme était relevé de ses fonctions, visé par « une allégation relative à des infractions criminelles ». La nature de l’allégation et la période concernée n’ont pas été précisées par Québec. Mme Guilbault n’a pas non plus indiqué si les faits allégués concernent les fonctions professionnelles ou la vie privée de M. Prud’homme.

Réactions de l’opposition

L’enquête a été confiée au BEI, dont le mandat est notamment de faire la lumière sur « toute allégation relative à une infraction criminelle commise par un policier ». L’ex-numéro un du plus important corps policier de la province a été rencontré mercredi, mais il n’a pas été arrêté et ne fait face à aucune accusation.

Si la décision et la rapidité d’exécution du gouvernement ont été saluées par Christine St-Pierre, la porte-parole libérale en matière de sécurité publique a demandé à ce que « la lumière soit faite rapidement ». « On parle d’un homme dont la crédibilité était sans tache, de quelqu’un qui avait le qualificatif de “super-policier”, a-t-elle déclaré jeudi matin au micro de Radio-Canada. Il faut que les choses soient éclaircies très rapidement. »

De son côté, le Parti québécois n’a pas souhaité s’exprimer. « L’enquête est en cours et on n’a pas plus d’informations que le public », a fait savoir un porte-parole du parti.

Le directeur adjoint de la SQ, Mario Bouchard, assurera l’intérim durant l’enquête du BEI, a en outre fait savoir mercredi la ministre Guilbault.

Avec Marco Bélair-Cirino