Un nouveau nom, plus militant

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
La grande diffusion du mot clic #MoiAussi en 2018, et les dénonciations qui ont suivi, a rappelé que de nombreuses femmes étaient toujours victimes de violence sexuelle.
Photo: Laurent Cipriani Associated Press La grande diffusion du mot clic #MoiAussi en 2018, et les dénonciations qui ont suivi, a rappelé que de nombreuses femmes étaient toujours victimes de violence sexuelle.

Ce texte fait partie du cahier spécial Journée internationale des femmes

La journée internationale consacrée aux femmes, le 8 mars, change de nom au Québec et devient la Journée internationale des droits des femmes. Le slogan militant qui accompagne cette journée, « Le respect, ça se manifeste », en dit long sur les intentions derrière ce changement. Ainsi en a décidé le Collectif 8 mars.

Pour le Collectif 8 mars, qui regroupe plusieurs syndicats, dont la CSN et la FTQ, et des organismes dédiés à l’avancement de la cause des femmes, comme la Fédération des femmes du Québec, il était temps de moderniser le vocable « Journée internationale des femmes ». En faisant ce changement, le regroupement souhaite rappeler que les droits des femmes ne sont toujours pas respectés et que l’égalité de fait entre hommes et femmes n’est pas atteinte.

Véronique De Sève, vice-présidente de la CSN, considère que ce changement était nécessaire. « Avec le temps, cette journée a pris une tournure plus commerciale qui renforce les stéréotypes, un peu comme la fête des Mères », regrette-t-elle.

« En dénaturant le sens que les féministes souhaitent donner à cette journée, sa signification réelle est déviée, » peut-on lire dans le document.Mme De Sève rappelle toutefois que ce changement de vocable est propre au Québec. Dans la grande majorité des autres pays qui célèbrent la cause des femmes le 8 mars, le vocable restera le même, soit la Journée internationale des femmes. L’Organisation des Nations unies continue elle aussi à utiliser cette dénomination.

Un appel à manifester

« Ce nouveau vocable est un appel à manifester notre indignation, poursuit Véronique De Sève pour qui il y a encore bien des choses à faire pour améliorer la cause des femmes. Indignation envers la violence conjugale qui persiste, et mobilisations en faveur d’une plus grande conciliation travail-famille, pour contrer la pauvreté plus présente chez les femmes et pour une hausse du salaire minimum. » Mme De Sève mentionne par exemple que l’adoption d’une loi-cadre qui obligerait une plus grande égalité hommes-femmes serait une avancée significative.

La grande diffusion du mot clic #MoiAussi (#MeToo) en 2018, et les dénonciations qui ont suivi, a d’ailleurs rappelé que de nombreuses femmes étaient toujours victimes de violence sexuelle.

Depuis plus de 100 ans

Peu de gens le savent sans doute, mais la journée internationale consacrée à la cause des femmes a été célébrée pour la première fois en 1914 dans plusieurs pays européens. Ce n’est toutefois qu’en 1975 que les Nations unies ont reconnu la Journée internationale de la femme. En 2016, le nom a été modifié pour la Journée internationale des femmes, un vocable considéré comme plus inclusif.