Adèle Sorella coupable du meurtre au second degré de ses deux filles

Les avocats d'Adèle Sorella, Pierre Poupart et Guy Poupart, à leur sortie d'une salle du palais de justice de Laval
Photo: Peter McCabe Archives La Presse canadienne Les avocats d'Adèle Sorella, Pierre Poupart et Guy Poupart, à leur sortie d'une salle du palais de justice de Laval

Adèle Sorella a été reconnue coupable du meurtre au deuxième degré de ses deux filles, Amanda, âgée de neuf ans, et Sabrina, âgée de huit ans.

Le jury de 12 personnes a rendu ce verdict mardi après-midi, après six jours de délibérations.

Cela signifie qu’il a rejeté la défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux, qui avait été plaidée par les avocats de la femme de 53 ans. Ses procureurs avaient fait témoigner des experts qui étaient d’avis qu’elle avait vraisemblablement vécu un épisode de dissociation le jour où les fillettes ont été retrouvées mortes. Mme Sorella, qui a témoigné pour sa défense, a répété au jury qu’elle n’avait presque pas de souvenirs de la journée du 31 mars 2009.

Ce jour-là, Amanda et Sabrina ont été trouvées sans vie, allongées côte à côte par terre dans la salle de jeu de la résidence familiale, à Laval.

Leurs corps ne portaient aucune trace de violence et la cause de leur décès n’a pas été déterminée, ce qui donnait à cette affaire un certain mystère et a possiblement compliqué la tâche du jury.

Les membres du jury ne font que rendre un verdict au terme de leurs délibérations. Ils n’ont jamais à expliquer comment ils ont décidé d’un résultat plutôt que d’un autre.

Le procès avait débuté le 12 novembre, et les jurés avaient entamé leurs délibérations mercredi dernier.

Adèle Sorella est automatiquement condamnée à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant au moins 10 ans.

Il s’agit de son deuxième procès pour meurtre. Au terme du premier, en 2013, elle avait été reconnue coupable du meurtre prémédité de ses enfants.

La Cour d’appel avait ensuite annulé ce verdict en 2017 en raison de directives erronées données par la juge au jury, et elle avait ordonné un second procès, celui qui vient de se clore.

Adèle Sorella n’était pas à la maison lorsque les deux fillettes avaient été retrouvées en fin d’après-midi par des membres de la famille. Elle avait été arrêtée au cours de la nuit suivante, après avoir percuté un poteau avec sa voiture.

À l’époque, son mari, Giuseppe De Vito, était en fuite depuis l’opération Colisée qui avait décimé la mafia italienne de Montréal en 2006. Il est mort en prison en 2013.

La Couronne avait plaidé qu’Adèle Sorella était la dernière personne qui avait été vue avec ses filles vivantes, et qu’elle est donc la personne qui a eu l’« opportunité exclusive » de les tuer.

L’un des procureurs de la Couronne, Me Nektarios Tzortzinas, a déclaré peu après le verdict, mardi, qu’il allait prendre le temps de l’évaluer avec son équipe avant de prendre une décision pour la suite des choses.