Les travailleurs du taxi se regroupent

Des membres du Regroupement des propriétaires de taxi de Montréal, de l’Association haïtienne des travailleurs du taxi et du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos ont décidé de réunir leurs forces.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Des membres du Regroupement des propriétaires de taxi de Montréal, de l’Association haïtienne des travailleurs du taxi et du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos ont décidé de réunir leurs forces.

Alors que Québec s’apprête à déposer un projet de loi pour moderniser l’industrie du taxi, des chauffeurs et propriétaires ont convenu, dimanche, de se regrouper au sein d’une seule association. Ils espèrent que le gouvernement instaurera des règles équitables qui s’appliqueront aussi à Uber.

Réunis à Montréal, des membres du Regroupement des propriétaires de taxi de Montréal (RPTM), de l’Association haïtienne des travailleurs du taxi (AHTT) et du Regroupement des travailleurs autonomes Métallos (RTAM) ont décidé de réunir leurs forces. Ils seront désormais représentés par le RTAM. Le vote a été unanime, a indiqué au Devoir Wilson Jean-Paul, porte-parole du RTAM.

Cette stratégie permettra aux travailleurs de l’industrie de parler d’une même voix et d’éviter des dialogues parallèles et parfois contradictoires dans leurs discussions avec le gouvernement. La formule « diviser pour régner » était néfaste pour les travailleurs du taxi. Ceux-ci devaient se réunir, ils n’avaient plus le choix, estime M. Jean-Paul.

Réforme à venir

Il ne faut pas voir de lien direct entre ce regroupement et la réforme que promet le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, avec son projet de loi qui doit être déposé dans les prochaines semaines, selon Wilson Jean-Paul : « C’est quelque chose que nous mijotions depuis des mois. »

Le RTAM comptait quelque 1500 inscrits et pourrait doubler son bassin de membres avec cette fusion. Leur nombre exact sera connu dans les prochains mois. Le RTAM regroupera ainsi la majorité des travailleurs de l’industrie de l’île de Montréal.

La prochaine année risque d’être occupée pour les chauffeurs de taxi. La semaine dernière, le ministre Bonnardel a annoncé son intention de moderniser l’industrie, qui est encadrée par des règles datant des années 1970, et de la rendre plus « équitable ».

Devant l’Assemblée nationale, il a indiqué son intention de mettre fin aux projets pilotes mis en place par le gouvernement précédent et d’encadrer de façon permanente les services d’Uber. Il a notamment dit vouloir favoriser l’innovation.

Wilson Jean-Paul salue l’intention du gouvernement de mettre un terme aux projets pilotes et d’instaurer plus d’équité. Il s’attend aussi à un allégement de la réglementation de la Ville de Montréal, qui impose plusieurs conditions aux chauffeurs de taxi, notamment en ce qui a trait à l’âge des voitures.

Modulation tarifaire

Le RTAM est aussi favorable aux promesses concernant les innovations, mais demeure prudent. « On ne peut pas être contre la vertu, mais on voudrait que les innovations entrent dans les taxis sans détruire les artisans, surtout les propriétaires », explique M. Jean-Paul.

Il cite la modulation des prix dont bénéficie Uber qui peut augmenter ou diminuer ses tarifs en fonction du moment. Le porte-parole du RTAM soutient que les chauffeurs de taxi font les frais de cette pratique. « C’est tout ça qu’on est en train de surveiller pour qu’on ne soit pas victime de cette technologie », indique M. Jean-Paul, qui se dit opposé à la modulation tarifaire. « On ne veut pas une loi à deux vitesses. »