De grands annonceurs se retirent de YouTube, accusé de faciliter des agissements pédophiles

En 2017, plusieurs grands annonceurs avaient déjà retiré leurs campagnes de YouTube, quand il était apparu que des publicités apparaissaient adossées à des contenus violents et extrémistes.
Photo: Josh Edelson Archives Agence France-Presse En 2017, plusieurs grands annonceurs avaient déjà retiré leurs campagnes de YouTube, quand il était apparu que des publicités apparaissaient adossées à des contenus violents et extrémistes.

YouTube a assuré jeudi avoir retiré des millions de commentaires et supprimé des comptes visiblement utilisés par des pédophiles pour se transmettre des vidéos d’enfants, un problème qui a poussé certaines marques à retirer leurs publicités du site.

Selon une vidéo diffusée par le blogueur Matt Watson ce week-end, des utilisateurs parviennent à entrer en contact entre eux et à transmettre des vidéos d’enfants tout à fait inoffensives, par exemple des petites filles faisant de la gymnastique ou du yoga, mais qui intéressent des pédophiles.

D’après lui, ces utilisateurs utilisent notamment les commentaires sous ces vidéos pour identifier et se transmettre des contenus. Ils parviennent ainsi à contourner les interdictions de YouTube et à créer de fait une sorte de « réseau » de pédophiles.

Matt Watson estime que l’algorithme de la plateforme facilite ces agissements, en recommandant aux utilisateurs d’autres vidéos similaires, et s’indigne que ces vidéos soient de fait « monétisées », puisque des publicités apparaissent au début ou à côté.

C’est ce qui a poussé les groupes Epic Games (derrière le jeu à succès Fortnite) ou Nestlé à retirer pour l’instant leurs publicités de YouTube. Selon la presse américaine, Disney et l’entreprise de télécommunication AT&T ont fait de même.

Déjà confronté par le passé à des boycottages d’annonceurs, YouTube a assuré jeudi avoir « immédiatement pris les mesures correspondantes, en supprimant des chaînes et des comptes, en signalant toute activité illégale aux autorités et en désactivant les commentaires sur des dizaines de millions de vidéos incluant des mineurs », selon un porte-parole.

« Il reste encore des choses à faire, et nous continuons à travailler pour améliorer notre dispositif et être encore plus rapides pour appréhender ces abus », a-t-il continué.

La plateforme ajoute avoir pris des mesures « au-delà de ce qui avait été signalé », en supprimant des milliers de commentaires inappropriés, en signalant les commentaires illégaux aux autorités et en supprimant « des dizaines de vidéos mises en ligne avec des intentions légitimes, mais mettant clairement des mineurs en danger ».

En novembre 2017, YouTube avait effacé des dizaines de milliers de vidéos d’enfants qui s’accompagnaient de commentaires au ton très déplacé, voire à caractère pédophile, tentant de rassurer des annonceurs inquiets, dont certains avaient décidé de retirer leurs pubs de la plateforme.

« Nous avons des politiques claires contre les vidéos et les commentaires sur YouTube qui sexualisent ou exploitent les enfants et nous les appliquons de manière drastique à chaque fois que nous sommes alertés sur un tel contenu », avait alors assuré un porte-parole de YouTube.

Quelques mois plus tôt, plusieurs grands annonceurs, dont Procter & Gamble et AT&T, avaient déjà retiré leurs campagnes de YouTube, quand il était apparu que des publicités étaient adossées à des contenus antisémites, incitant à la haine ou faisant l’apologie du terrorisme.

Le scandale avait fait surgir des débats sur la nécessité pour les marques d’éviter que leurs publicités n’apparaissent dans un environnement inapproprié.