Ensemble, parlons mobilité

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
La plateforme Web «Parlons mobilité» a été lancée le 23 janvier dernier afin d’impliquer les citoyens, la société civile, les organismes de transport et les acteurs municipaux dans l’élaboration du plan stratégique de développement du transport collectif pour les trente prochaines années.
Photo: Olivier Sylvestre Le Devoir La plateforme Web «Parlons mobilité» a été lancée le 23 janvier dernier afin d’impliquer les citoyens, la société civile, les organismes de transport et les acteurs municipaux dans l’élaboration du plan stratégique de développement du transport collectif pour les trente prochaines années.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

L’ARTM souhaite impliquer les usagers du transport collectif dans la mise au point du futur plan stratégique de développement (PSD).

Créée en 2017, l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) s’est vu confier la responsabilité d’établir le plan stratégique de développement (PSD) du transport collectif pour les trente prochaines années . La plateforme Web « Parlons mobilité » a été lancée le 23 janvier dernier afin d'impliquer les citoyens, la société civile, les organismes de transports et les acteurs municipaux dans l'élaboration de ce plan.

« Les interventions sur les réseaux de transport en commun se font dans une perspective de long terme, mais des actions concrètes sont planifiées pour les dix premières années, explique Daniel Bergeron, directeur général de la planification du transport et de la mobilité à l’ARTM. On pense à l’arrivée du REM et au prolongement de la ligne bleue. »

« On essaie d’en faire un exercice participatif et ouvert, parce que pour réussir, il faut capter la vision de la région sur les travaux proposés », ajoute le directeur. La plateforme interactive Parlons mobilité vise à établir les bases d’un dialogue que souhaite tenir l’ARTM avec les citoyens de la région et les usagers du transport collectif. Cette première étape alimentera une première version du projet de PSD qui à son tour, sera soumis à un vaste processus de consultation publique. Tous peuvent participer aux rencontres, commenter les rubriques de Parlons mobilité ou encore déposer un mémoire. « On a vraiment voulu démocratiser la capacité descitoyens à intervenir », souligneDaniel Bergeron.

Divisée par thèmes, la plateforme présente un portrait de la mobilité de la région. On y décrit une région aux multiples facettes avec ses différents milieux de vie. On y parle du financement du transport collectif et de sa tarification et on y présente ce que devrait être une expérience de mobilité simple et efficace dans un système de transport performant.

« Deux grands objectifs proviennent des attentes du gouvernement et de la Communauté métropolitaine de Montréal [CMM] : l’augmentation du transport en commun et la réduction des gaz à effet de serre [GES] », indique le directeur. L’articulation des thèmes proposés sur Parlons mobilité vise ces deux objectifs.

On a vraiment voulu démocratiser la capacité des citoyens à intervenir

Mais comment aborder le thème de la tarification quand on sait que sur le territoire de la CMM, il en existe 735 différentes ? Aujourd’hui, les usagers participent à auteur du tiers des coûts de transport en commun, les deux étant couverts par des subventions et les contributions des villes. Daniel Bergeron explique : « À partir des revenus qu’on génère actuellement, on va chercher à savoir comment simplifier la tarification, pour la rendre plus claire et mieux adaptée aux besoins des gens. »

Toute la question du financement et de la tarification relève ultimement d’un choix de société. L’ARTM agit comme conseillière, mais l’existence même de l’organisme indique l’orientation que l’on semble vouloir prendre. « On ne pouvait pas auparavant se poser certaines questions puisque la responsabilité du transport collectif était morcelée entre une quinzaine d’organisations dont les règles changeaient d’une région à l’autre », ajoute-t-il.

Le territoire de la CMM représente plus de 4000 kilomètres carrés. Ici, tous les résidents ne sont pas nécessairement des usagers du transport collectif. Comme le travail de l’ARTM en est un de consultation, l’organisme a déjà procédé à des sondages auprès de la population quant à sa perception des différents modes de transports collectifs, ses attentes et ses comportements. « On va proposer des solutions, mais on comprend à ce jour que les besoins et les solutions possibles seront bien différents selon les milieux. Après avoir trouvé ces solutions et les avoir mises en place, on tentera de convaincre de nouveaux usagers », explique le directeur.

Un premier document sera déposé dès le mois de juin. Il présentera les objectifs à atteindre et les grands moyens d’action.

Les réactions à cette première ébauche du PSD seront ensuite étudiées, puis intégrées pour proposer un projet concret de PDS au milieu de l’automne prochain. « La population sera encore consultée sur ce dernier plan et, en décembre, le document sera déposé pour adoption », indique encore Daniel Bergeron.

Cet échéancier serré répond à l’une des grandes attentes de la création de l’ARTM, à savoir d’en arriver rapidement à un consensus afin de canaliser les énergies à travers un PSD.