Le pape François visite le berceau de l’islam

Environ un million de catholiques vivent aux Émirats.
Photo: Andrew Medichini Pool Agence France-Presse Environ un million de catholiques vivent aux Émirats.

Le pape François est arrivé dimanche aux Émirats arabes unis, premier chef de l’Église catholique à fouler le sol de la péninsule arabique, berceau de l’islam.

Avant d’atterrir à Abou Dhabi — peu avant 22 h (13 h, heure du Québec) —, le pape argentin a affirmé sur Twitter se rendre aux Émirats « comme un frère pour écrire ensemble une page de dialogue et parcourir ensemble les chemins de paix. Priez pour moi ! ». Sa visite doit être dominée par le dialogue entre les religions et une rencontre interreligieuse internationale est prévue lundi.

Dimanche, des fidèles se sont pressés sous une pluie inhabituelle aux abords de la cathédrale Saint-Joseph d’Abou Dhabi, décorée aux couleurs du Vatican et des Émirats, pour obtenir les derniers billets de la messe papale de mardi, présentée comme le plus grand rassemblement dans le pays, avec plus de 130 000 fidèles.

Le père Elie Hachem, qui officie à la cathédrale, n’avait que le mot « historique » à la bouche. Le pape vient avec « un message de paix » et commencera son programme de mardi par une visite à la cathédrale, a-t-il dit.

Environ un million de catholiques — des travailleurs asiatiques pour la plupart — vivent aux Émirats, pays dont la population est composée à plus de 85 % d’expatriés et où ils peuvent pratiquer leur religion dans huit églises.

Les Émirats cherchent à projeter l’image d’un pays ouvert et tolérant, même si une politique de « tolérance zéro » à l’égard de toute dissidence et notamment celle des adeptes de l’islam politique incarné par les Frères musulmans.

Conflit au Yémen

Après Amnesty International, Human Rights Watch (HRW) a appelé le pape François à soulever lors de sa visite la question des violations des droits de la personne au Yémen, où les forces émiraties interviennent militairement aux côtés de l’Arabie saoudite, et celle de la répression des opposants aux Émirats.

« En dépit de ses affirmations sur la tolérance, le gouvernement émirati n’a montré aucun intérêt réel pour améliorer son bilan », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

Au Yémen, une trêve entre le pouvoir soutenu par Riyad et Abou Dhabi, et les rebelles appuyés par l’Iran, a été difficilement obtenue par l’ONU en décembre. Elle s’applique à la ville portuaire de Hodeida, par où transite l’essentiel des importations et de l’aide humanitaire. Cette trêve a été saluée comme la meilleure chance pour le Yémen de mettre fin à une guerre qui dure depuis quatre ans, mais semble ne tenir qu’à un fil.

Depuis le début de son pontificat, le pape s’est rendu à plusieurs reprises dans des pays dont la population est majoritairement musulmane, comme l’Égypte, l’Azerbaïdjan, le Bangladesh et la Turquie. En mars, il est attendu au Maroc. Il s’agit au total du 27e voyage de ce pape à l’étranger.