Que faire avec le silo numéro 5?

L’emblématique silo 5 a été conçu au début du XXe siècle par John S. Metcalf, et a cessé ses activités en 1994.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’emblématique silo 5 a été conçu au début du XXe siècle par John S. Metcalf, et a cessé ses activités en 1994.

Le gouvernement fédéral lance un appel de projets à l’entreprise privée pour le développement de tout le secteur de la Pointe-du-Moulin, dans le Vieux-Port. Ce projet de développement donnant sur le fleuve inclut le silo numéro 5 et s’étend jusqu’au secteur de la rue Mill, sur une surface de 70 000 mètres carrés.

Le gouvernement souhaite développer dans ce secteur, à l’abandon depuis 25 ans, un projet mixte, immobilier et commercial, qui comptera des accès publics pour les Montréalais. Il souhaite que ce projet soit viable financièrement, et qu’il respecte la valeur patrimoniale des lieux.

Cette annonce a été faite vendredi dans le Vieux-Port, en compagnie notamment de Mélanie Joly, ministre responsable de la Société immobilière du Canada et de la Société du Vieux-Port, et de la mairesse de Montréal, Valérie Plante. La Société immobilière du Canada (SIC) est propriétaire du site depuis 2010.

Les projets seront évalués par un comité qui regroupe des représentants du monde du tourisme, du patrimoine, du commerce, et de l’architecture. On y retrouvera Pierre Bellerose, de Tourisme Montréal, Dinu Bumbaru, d’Héritage Montréal, Marie Lavigne, du Partenariat du Quartier des spectacles, Robert Howald, de la SIC et de la Société du Vieux-Port de Montréal, Mario Lafrance, de la Société de développement commercial du Vieux-Montréal, Marie Lessard, de l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal, Pierre-Marc Mongeau, de la SIC et de la Société du Vieux-Port, et Sylvie Vachon, du Port de Montréal.

« Nous voyons grand et voulons développer un quartier mixte où pourront se côtoyer, peut-être, des résidences, des hôtels, des commerces, des attractions touristiques, des espaces verts et des espaces publics. Nous voulons également que le silo no 5 retrouve toutes ses lettres de noblesse », disait M. Mongeau vendredi.

Le silo, qui est inutilisé depuis 25 ans, « est une infrastructure emblématique au fort potentiel de revalorisation », a souligné M. Mongeau, même si cette revalorisation présente de nombreux défis. Le silo et la jetée Pointe-du-Moulin sont classés au répertoire du patrimoine culturel du Québec.

Le projet devra également répondre « aux préoccupations exprimées par la communauté », a ajouté M. Mongeau.

Dans le cadre d’une consultation publique portant sur le secteur en 2016, les Montréalais avaient notamment exprimé leur souhait d’avoir un accès au silo, ainsi qu’au terrain qui l’entoure.

Vendredi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a évoqué la possibilité d’installer un observatoire au sommet, offrant ainsi une vue publique sur le mont Royal, le canal Lachine et la Montérégie. Elle ne pouvait cependant définir le pourcentage d’espace public qui serait inclus dans le projet.

La Ville de Montréal compte se servir de ses pouvoirs en matière de changement de zonage pour faire respecter ces critères, puisque le site est présentement zoné industriel. Le projet sera aussi soumis au comité consultatif d’urbanisme et à l’Office de consultation publique de Montréal.

« On laisse de façon volontaire des critères plus larges pour être en mesure d’avoir des projets qui peuvent parfois surprendre, mais qui sont à la mesure de la grandeur du projet, et nécessairement de l’importance du projet pour la ville de Montréal », a dit Mme Plante.

M. Mongeau a pour sa part dit vouloir solliciter les projets « les plus ambitieux et les plus inspirants ».

De nombreux projets ont été évoqués pour redynamiser ce secteur, qui compte un accès privilégié au fleuve, mais tous ont été depuis abandonnés.

Le silo no 5 a pour sa part été sauvé de la démolition par Héritage Montréal. Il a été conçu au début du XXe siècle par John S. Metcalf, et a cessé ses activités en 1994.