La soeur de Jocelyne Lizotte se porte à la défense de Michel Cadotte

Johanne Lizotte s’est portée jeudi à la défense de son beau-frère Michel Cadotte, accusé du meurtre de Jocelyne Lizotte. Elle a notamment affirmé qu’il s’était montré très patient avec elle.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Johanne Lizotte s’est portée jeudi à la défense de son beau-frère Michel Cadotte, accusé du meurtre de Jocelyne Lizotte. Elle a notamment affirmé qu’il s’était montré très patient avec elle.

Témoignant au procès de Michel Cadotte, accusé du meurtre au deuxième degré de sa conjointe Jocelyne Lizotte, Johanne Lizotte a décrit jeudi le déclin de la santé de sa soeur atteinte d’alzheimer. Elle a soutenu qu’à maintes reprises sa soeur lui avait exprimé le souhait de ne pas perdre sa dignité advenant une dégradation de son état de santé.

Alors qu’elle témoignait pour la défense, Johanne Lizotte a expliqué qu’elle avait remarqué chez sa soeur, vers 2011 ou 2012, des comportements qui laissaient croire que quelque chose ne tournait pas rond. Par la suite, le diagnostic d’alzheimer s’est confirmé et Jocelyne Lizotte a été soignée à l’hôpital Royal-Victoria, puis à l’hôpital Douglas, avant d’être transférée au CHSLD Émilie-Gamelin.

Johanne Lizotte a soutenu que son beau-frère, Michel Cadotte, qui s’occupait beaucoup de sa conjointe, vivait beaucoup de stress.

« J’ai constaté qu’il en avait souvent plein les bras », a-t-elle dit. Mais elle l’a décrit comme un conjoint aimant, qui prenait soin de sa soeur avec beaucoup de sollicitude. « Devant Jocelyne, Michel ne perdait pas le contrôle, a-t-elle raconté. Il était très patient avec elle. »

Elle a indiqué que, lorsque Michel Cadotte lui a parlé de la demande qui avait été faite pour obtenir l’aide à mourir — demande qui a été refusée —, elle avait été surprise sur le coup, mais elle a affirmé qu’elle comprenait la situation.

« Je préfère mourir »

Johanne s’est beaucoup occupée de sa mère, qui était atteinte aussi d’alzheimer. À maintes reprises, a-t-elle expliqué au jury, sa soeur lui a dit qu’elle ne voulait pas perdre sa dignité si elle se retrouvait dans un état semblable à celui de leur mère : « Elle m’a déjà dit : “Plutôt que de rester dans un fauteuil, attachée, je préfère mourir.” »

La soeur de Michel Cadotte, France Cadotte, a également été appelée à la barre des témoins de même que Lorraine Aubé-Roy, thérapeute en réadaptation au CHSLD Émilie-Gamelin. Celle-ci a prodigué des soins à Jocelyne Lizotte dans les dernières semaines de sa vie. Elle a décrit les limitations physiques de Mme Lizotte, qui était retenue à son fauteuil roulant par des attaches de contention, et les difficultés qu’elle avait à marcher.

Le jour du décès de Mme Lizotte, la thérapeute a croisé Michel Cadotte dans l’ascenseur alors qu’il se rendait vraisemblablement voir sa conjointe. Lors d’une brève conversation, alors qu’elle lui demandait comment il se portait, Michel Cadotte a répondu « Bof », avant de changer de sujet. Il l’a alors remerciée pour l’aide qu’elle apportait à sa femme pour se déplacer et a souri.

Rappelons que Jocelyne Lizotte, atteinte d’alzheimer, a été retrouvée sans vie dans sa chambre du CHSLD en février 2017. Michel Cadotte aurait avoué à une infirmière avoir mis fin aux jours de son épouse des 19 dernières années en l’étouffant avec un oreiller.

À l’arrivée des policiers, M. Cadotte était assis à côté du corps de sa femme et lui caressait les cheveux. Après avoir donné un baiser à celle-ci, il s’est livré lui-même, a témoigné un policier.

Michel Cadotte est accusé du meurtre au deuxième degré de son épouse, Jocelyne Lizotte. L’homme de 57 ans a plaidé non coupable.

La semaine dernière, le frère de Mme Lizotte, Sylvain Lizotte, avait raconté au tribunal que M. Cadotte lui avait confié en 2016 qu’il portait sur lui une seringue afin de l’utiliser pour sa soeur.

Le procès de Michel Cadotte se poursuit vendredi.