Portrait des inégalités de genre

Gabrielle Brassard-Lecours Collaboration spéciale
Les résidents de la ville de Bhaktapur, au Népal, s’affairent à nettoyer les débris jonchant les rues. Bhaktapur, avril 2015.
Photo: Frédéric Séguin Les résidents de la ville de Bhaktapur, au Népal, s’affairent à nettoyer les débris jonchant les rues. Bhaktapur, avril 2015.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Les inégalités sont encore grandes et nombreuses à travers le monde entre les hommes et les femmes, ainsi qu’entre les garçons et les filles. Ces inégalités sont aussi souvent décuplées dans les pays en conflit. Portrait de la réalité de plusieurs femmes et filles à travers le monde, en chiffres et en images.

Près d’un tiers (30 %) des femmes dans le monde qui ont eu une relation de couple disent avoir subi des violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur partenaire, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Sur le continent américain, une femme sur trois dit avoir souffert de violences conjugales au cours de sa vie, selon une étude publiée en 2018 par l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS). Toujours sur le continent américain, 60 % des femmes auraient été victimes de violences. Plusieurs cas de violences ne sont toutefois jamais rapportés.

Dans 37 pays, aucune poursuite n’est intentée contre les violeurs s’ils sont mariés à leur victime ou s’ils les épousent par la suite. Cela prive donc les victimes de tout recours et donne un exutoire aux auteurs potentiels de violences sexuelles. (Source : ONU)

« La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine [MINUSCA] a recensé 308 cas de violences sexuelles liées au conflit, ayant touché respectivement 155 femmes et 138 filles (dont 48 avaient été recrutées par des groupes armés). » (ONU)

« En 2017, la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan [MANUA] a recensé 53 actes de violence sexuelle commis contre des femmes et des filles, dont trois cas avérés de violences sexuelles liées au conflit perpétrés par des membres de groupes armés illégaux et de la police locale afghane », d’après le dernier rapport du Secrétaire général sur les violences sexuelles liées aux conflits, de l’ONU.

Selon l’organisme à but non lucratif One, plus de 130 millions de filles n’ont toujours pas accès à l’école à travers le monde. Toujours selon One, neuf des dix pays où les filles ont le moins accès à l’éducation se trouvent en Afrique, le Soudan du Sud figurant en tête de peloton, où seulement 15,93 % des filles ont accès à l’éducation. Suivent ensuite dans ce classement la République centrafricaine (17,75 %), le Niger (21,50 %), l’Afghanistan (23,51 %), le Tchad (27,16 %), le Mali (29,28 %) et la Guinée (30,35 %). D’autre part, plus de la moitié des filles des dix pays recensés ici se marieraient avant 18 ans, et environ une fille sur quatre serait obligée de travailler.

Environ 220 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans travaillent dans le monde, dont 152 millions de manière illégale (principalement pour des questions d’âge), peut-on lire dans le livret Les inégalités expliquées aux jeunes produit par l’Observatoire des inégalités. Parmi eux, l’Organisation internationale du travail (OIT) estime qu’ils sont 72 millions à occuper un emploi dangereux.

Selon l’organisme One, la réduction des inégalités entre les filles et les garçons dans le monde en ce qui concerne l’accès à l’éducation pourrait rapporter entre 112 et 152 milliards de dollars chaque année aux pays en développement.

Seulement 3 % de femmes sont présentes quand vient le temps de négocier des accords de paix dans les pays en conflit. « Il faut absolument changer cette donne », affirme la présidente de l’AQOCI, Michèle Asselin. (ONU, AQOCI). Selon l’ONU et l’AQOCI, 35 pays sont présentement en conflit dans le monde, dont la Série, le Yémen, l’Irak, l’Afghanistan, et plusieurs pays africains, comme la République démocratique du Congo.

C’est à cette date que l’ONU a reconnu que les violences sexuelles pouvaient être considérées comme un crime de guerre. C’est aussi la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en temps de conflit. (Le Monde)

À l’été 2018, et dans la foulée du G7, le Canada, de concert avec l’Allemagne, la Banque mondiale, le Japon, le Royaume-Uni et l’Union européenne, a annoncé un investissement de près de 3,8 milliards de dollars canadiens, le plus important jamais annoncé dans l’éducation des femmes et des filles en situation de crise et de conflit. Cet investissement pourrait changer la vie de millions de femmes et de filles parmi les plus vulnérables dans le monde. (AQOCI, 45eNord.ca)

Selon le rapport sur les inégalités hommes-femme publié par le Forum économique mondial, il nous faudra encore 100 ans pour venir à bout des inégalités.